La centrale syndicale tunisienne ne reconnaît pas le nouveau gouvernement

TUNIS (AFP) - La puissante centrale syndicale tunisienne UGTT, qui a joué un grand rôle dans les manifestations ayant précipité la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, a affirmé mardi qu'elle "ne reconnaît pas le nouveau gouvernement" de transition formé la veille.

Abdessalem Jrad, secrétaire général de l'UGTT le 3 juin 2010 à Tunis (© - Fethi Belaid)
La direction de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), qui tient mardi une réunion extraordinaire près de Tunis, a pris la décision "de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement", a indiqué à l'AFP son porte-parole, Ifa Nasr.

L'UGTT a appelé ses trois représentants au gouvernement à s'en retirer, a ajouté ce porte-parole, soulignant que ceux qui s'y refuseraient ne représenteraient qu'eux-mêmes.

De nombreuses voix s'élèvent en Tunisie, notamment au sein de la gauche et de la mouvance islamiste contre la présence de membres de l'ancien gouvernement du président déchu Ben Ali dans la nouvelle équipe de transition formée lundi.

Les trois membres de l'UGTT entrés lundi au "gouvernement d'union nationale" sont Abdeljelil Bédoui (Ministre auprès du Premier ministre), Houssine Dimassi (Formation et Emploi) et Anouar Ben Gueddour (secrétaire d'Etat auprès du ministre du Transport et de l'Equipement).

Par ailleurs, les syndicalistes siégeant au Parlement et à la Chambre des conseiller (équivalent du Sénat, ndlr), "ont démissionné", a ajouté le porte-parole. La centrale syndicale s'est également retiré du Conseil économique et social, a-t-il précisé. Une conférence de presse de l'UGTT était prévue mardi à 13H30 (12H30 GMT) à Tunis, à l'issue de la réunion extraordinaire du Comité administratif national de la centrale, présidé par le secrétaire général, Abdessalem Jrad.

Seule force syndicale en Tunisie, l'UGTT a joué un rôle important dans l'organisation des manifestations qui ont provoqué la chute du régime autoritaire de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali, qui a fui le pays vendredi pour se réfugier en Arabie Saoudite.

Pendant les 23 ans de règne sans partage de M. Ben Ali, la direction de l'UGTT a souvent affiché une attitude relativement conciliante à l'égard du pouvoir. Cette centrale est traversée par divers courants, allant du parti de M. Ben Ali (RCD) à l'opposition radicale à l'ancienne dictature.