Cambodge : Elections législatives dimanche, le parti de Hun Sen favori sans surprise
PHNOM PENH (AFP) - Plus de huit millions de Cambodgiens sont appelés à participer dimanche à des élections législatives marquées par des tensions avec la Thaïlande voisine et qui devraient aboutir à une nouvelle victoire du Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 23 ans.
![]() |
| Bureau de vote à Phnom Penh le 25 juillet 2008. (© AFP - Pornchai Kittiwongsakul) |
"Les gens sont plus préoccupés par la question frontalière (avec la Thaïlande) que par les élections", estime Hang Puthea, qui dirige le Nicfec, un groupe d'observateurs électoraux.
Le Parti du peuple cambodgien (PPC) de Hun Sen, qui dispose d'une organisation particulièrement efficace jusqu'aux villages les plus reculés du royaume, contrôlait 73 des 123 sièges dans l'Assemblée sortante et a déclaré espérer remporter au moins dix sièges supplémentaires dimanche, ce qui lui assurerait une majorité des tiers.
Le gouvernement contrôle la plupart des médias audiovisuels et la Commission électorale nationale a indiqué samedi que des directives censées assurer un temps de parole égal entre partis politiques avaient échoué.
"Les organes de diffusion n'ont pas respecté notre politique et ont produit des informations déséquilibrées", a déclaré Tep Nytha, chef de la Commission.
A la veille du scrutin, l'organisation Human Rights Watch, basée à New York, a elle-aussi critiqué la partialité des chaînes de radio et de télévision et a, par ailleurs, dénoncé des "menaces" et des "actes d'intimidation" contre des membres de l'opposition afin d'obtenir qu'ils fassent défection.
Hun Sen, 55 ans, est Premier ministre depuis 1985.
Homme fort du Cambodge, il a habilement tiré profit des divisions chez les royalistes du Funcinpec avec qui il a partagé le pouvoir et qui risquent d'être laminés aux législatives de dimanche, selon des analystes.
La principale formation d'opposition --le Parti Sam Rainsy (PSR) de l'ancien ministre des Finances du même nom-- devrait arriver en seconde position, mais loin derrière le PPC, et réaliser des scores honorables, en particulier à Phnom Penh, la capitale, ajoutent ces experts.
Pendant la campagne électorale, Sam Rainsy, 59 ans, n'a cessé de dénoncer la "tyrannie" de Hun Sen, "la corruption" qui continue de miner la société et "les sommets" atteints par l'inflation.
Le Cambodge reste l'un des pays les plus pauvres d'Asie et du monde. Quelque 35% des 14 millions d'habitants vivent avec moins de 32 centimes d'euro par jour.
Mais le royaume, appuyé par la communauté internationale depuis la fin de la guerre civile, connaît un développement économique rapide, avec une croissance supérieure à 10% ces trois dernières années, ce qui constitue le principal atout de Hun Sen.
