Bush quitte Jérusalem pour Ryad après avoir célébré les 60 ans d'Israël
JERUSALEM (AFP) - Le président américain George W. Bush quittait vendredi Jérusalem où sa participation au 60e anniversaire de l'Etat d'Israël a laissé dans l'ombre les tentatives plus discrètes de parvenir à un accord israélo-palestinien.
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| George W. Bush applaudi par la Knesset après un discours, le 15 mai 2008 à Jérusalem (© AFP - Mandel Ngan) |
"Vous avez établi une démocratie solide qui durera toujours et pourra toujours compter sur le soutien de l'Amérique à ses côtés. Que Dieu bénisse Israël", a lancé jeudi M. Bush, soulevant un tonnerre d'applaudissements au Parlement israélien, auquel il s'adressait pour la première fois.
Durant son séjour, la chute mercredi d'une roquette sur un centre commercial dans le sud d'Israël, et des manifestations de Palestiniens le lendemain pour marquer la "catastrophe" que fut pour eux la création de l'Etat juif, ont rappelé la fragilité du processus en cours.
M. Bush a même trompé des attentes répandues en n'abordant que vaguement un Etat palestinien dans un avenir aussi lointain que 2068, année du 120e anniversaire d'Israël, lors de ce qui a été perçu comme le point d'orgue de son séjour israélien: son discours devant les députés de la Knesset.
Il n'a pas non plus évoqué les épreuves de 760.000 Palestiniens -aujourd'hui cinq millions avec leurs descendants- qui ont pris la route de l'exode durant la première guerre israélo-arabe de 1948, fuyant l'avance des forces israéliennes ou chassées par celles-ci.
La Maison Blanche a fait valoir qu'à la Knesset, M. Bush célébrait d'abord l'anniversaire d'Israël et que cela ne l'avait pas empêché de parler d'un Etat palestinien qui coexisterait un jour avec Israël.
Elle a toutefois souligné que M. Bush n'en avait pas fini avec la paix et qu'il rencontrerait le président palestinien Mahmoud Abbas samedi et son Premier ministre Salam Fayyad dimanche à Charm el-Cheikh en Egypte à la faveur d'un forum économique.
"Je m'attends à ce qu'il évoque précisément beaucoup plus de sujets relatifs aux Palestiniens au cours du week-end à Charm el-Cheikh", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.
Les négociations menées par M. Bush se sont résumées, après son discours très médiatisé à la Knesset, à une rencontre discrète avec Tony Blair, représentant d'un quartette international qui oeuvre à un règlement.
Le président américain s'est aussi entretenu avec le Premier ministre Ehud Olmert.
"Le président croit que les plus gros progrès sont accomplis lors de ces rencontres bilatérales. Mais il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'équipe de négociations entre Israéliens et Palestiniens", a dit la porte-parole de M. Bush, Dana Perino.
Depuis que le président américain a relancé l'effort de paix en novembre dernier, le scepticisme n'a fait que se renforcer quant aux chances d'un accord avant fin 2008, à quelques semaines de la fin du mandat de M. Bush en janvier 2009.
La dernière matinée de M. Bush en Israël, vendredi, s'annonçait plus symbolique que substantielle, avec une visite dans un musée consacré à la Bible et une rencontre avec de jeunes Israéliens.
En Arabie saoudite, qui reste l'alliée des Etats-Unis malgré les crispations provoquées par les attentats du 11-Septembre et la guerre en Irak, les deux pays doivent conclure des accords bilatéraux sur le nucléaire civil ou la non-prolifération, a dit M. Johndroe.
M. Bush devrait inviter aux Etat-Unis le roi Abdallah, avec lequel il déjeunera et dînera dans son ranch, à user de son influence diplomatique en Irak ou au Liban et pour la réconciliation entre Arabes et Israéliens.
Mais alors que le prix de l'essence est un sujet majeur de la présidentielle aux Etats-Unis, les Américains attendront surtout de savoir si M. Bush va réussir à convaincre le souverain de la grande richesse pétrolière de faire quelque chose pour soulager les automobilistes. Ses appels sont restés sans réponse lors de sa précédente visite en janvier.
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