Attentat de Marrakech: les parents d'une victime demandent au Maroc de ne pas gracier les coupables

PARIS (AFP) - Les parents d'une victime française de l'attentat de Marrakech en avril 2011 ont écrit au nouveau ministre marocain de la Justice, un islamiste, pour lui demander de ne pas appuyer une demande de grâce des détenus condamnés pour cet attentat, dont font état des informations de presse.

Jacques Sobret tient le portrait de sa fille Maud, une des victimes de l'attentat de Marrakech, le 20 octobre 2011 à Sale lors du procès de l'attaque. (© - Abdelhak Senna)
"Alors que votre police a identifié les auteurs de ces crimes effroyables, que votre justice les a jugés coupables, nous avons eu vent de négociations entre les soutiens des terroristes et vous-même en vue de leur libération", ont écrit Jacques et Jacqueline Sombret au ministre Mustafa Ramid, dans une lettre dont l'AFP a obtenu une copie.

Leur fille, Maud Sombret, fait partie des 17 personnes, dont onze touristes européens (huit Français et trois Suisses) décédés lors de cet attentat perpétré le 28 avril 2011 sur la célèbre place Jamâa El-Fna, au coeur de Marrakech.

Le 28 octobre 2011, le principal accusé a été condamné à mort et son complice, des Marocains, à la prison à perpétuité. Quatre autres accusés ont été condamnés à quatre ans de prison et trois à deux ans.

Plusieurs journaux marocains ont fait état ces dernières semaines de la possibilité d'une demande de grâce collective présentée pour des détenus islamistes au Maroc, dont pourraient faire partie les condamnés pour l'attentat de Marrakech.

"On vous prête l'intention de soutenir les sollicitations de la grâce royale de condamnés pour des actes terroristes ayant coûté la vie à de nombreux Marocains, Français et Européens", s'inquiètent M. et Mme Sombret.

Mustafa Ramid est membre du Parti justice et développement (PJD), le parti islamiste modéré arrivé en tête des élections législatives en novembre 2011 au Maroc. Cet avocat a affirmé à plusieurs reprises qu'il chercherait à obtenir la grâce pour des détenus injustement emprisonnés.

"Nous nous vous demandons de ne pas appuyer au nom du pouvoir exécutif les demandes de grâces auprès du roi sollicitées par les terroristes. A nos enfants, personne n'a fait grâce. Demander la grâce pour leurs bourreaux serait le comble de l'injustice et de l'obscénité", ont conclu les deux parents.