Appel aux instituteurs à renoncer à leur "grève irresponsable"

TUNIS (AFP) - Le ministre tunisien de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Ahmed Ibrahim, a appelé dimanche à Tunis les enseignants du primaire à "renoncer à leur grève irresponsable", prévue à partir de lundi, jour de la reprise programmée des cours dans le pays.

Manifestation à Tunis, le 23 janvier 2011 (© - Fethi Belaid)
"J'appelle les professeurs à lutter contre les aventures, brisez cette grève irresponsable, notre responsabilité est que les écoles ouvrent de nouveau", a exhorté M. Ibrahim, lors d'une réunion de sa formation, le mouvement Ettajdid (ex-communiste, opposition sous le régime Ben Ali).

"Il y a des gens irresponsables. J'appelle les syndicalistes intègres à revenir à la raison", a ajouté M. Ibrahim, devant un millier de personnes à El-Menzah, un quartier chic de Tunis.

Les cours dans les écoles, collèges et lycées doivent progressivement reprendre à partir de lundi, après avoir été suspendus le 10 janvier par le gouvernement du président Zine Al Abidine Ben Ali, en pleines manifestations qui ont eu raison de son régime autoritaire de 23 ans.

Ahmed Ibrahim a profité de la réunion de sa formation pour justifier sa présence au gouvernement de transition, très contesté par la rue qui exige sa dissolution en raison de la présence en son sein de nombreux caciques du régime de l'ex-président Ben Ali qui en contrôlent les postes-clés.

"Nous sommes entrés au gouvernement pour éviter le vide total", a expliqué le leader d'Ettajdid, qui faisait partie de l'opposition au régime Ben Ali, renversé le 14 janvier après un mois de révolte populaire.

Mais le porte-parole du parti, Jounaïdi Abdel-Jaouad, a appelé à la "révision de la composition du gouvernement de transition, pour en faire sortir les éléments qui peuvent être impliqués dans des affaires de corruption".

"Nous avions le choix entre remplir ce vide et assumer notre responsabilité de sauver la patrie et lancer des changements démocratiques, ou bien le désordre total pour lesquels ont travaillé Ben Ali et ses alliés, dont (Mouammar) Khadafi", le leader libyen, a plaidé Ahmed Ibrahim auprès de ses militants.

Des hommes armés fidèles à l'ancien président Ben Ali avaient tenté de semer le chaos dans le pays juste après la fuite du dictateur en Arabie Saoudite, en se livrant à des exactions.

Mouammar Khadafi a été très critiqué en Tunisie pour avoir pris position en faveur de Ben Ali juste après sa chute, alimentant des craintes d'une tentative de déstabilisation de la "révolution du jasmin" par Tripoli.