Afrique du Sud: 6 morts et 50 blessés dans des attaques racistes
JOHANNESBURG (AFP) - Six personnes ont été tuées et au moins 50 blessées par des Sud-Africains qui se sont apparemment lancés dans une chasse aux étrangers, dans la nuit de samedi à dimanche, dans un bidonville de Johannesburg, des attaques qui montent en violence depuis dimanche dernier.
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| Un réfugié zimbabwéen le 13 mai 2008 au nord de Johannesburg (© AFP/Archives - Paballo Thekiso) |
La violence a de nouveau enflammé la ville tôt dimanche, faisant six morts, 50 blessés hospitalisés, tandis qu'une série de boutiques ont été pillées et des voitures brûlées, a indiqué à l'AFP la porte-parole de la police, Cheryl Engelbrecht.
"Cinq personnes ont été tuées, deux brûlées et trois battues à mort" à Cleveland, dans le centre ville, a déclaré Mme Engelbrecht. "50 personnes ont été hospitalisées, blessées par balle ou par arme blanche", a-t-elle ajouté.
La porte-parole a précisé qu'une autre personne avait été battue à mort dans le quartier de Jeppe, où neuf voitures ont également été brûlées.
"De nombreux étrangers ont été attaqués" et "la plupart des dégâts ont été causés à des propriétés appartenant apparemment à des étrangers", a poursuivi Mme Engelbrecht.
"C'est très tendu. La police travaille 24 heures sur 24. Il y a des problèmes dans tout Johannesburg" ce dimanche, a-t-elle ajouté, indiquant que la police avait interpellé 10 personnes dans la matinée.
Les étrangers présents dans les zones concernées ont trouvé refuge dans les commissariats et les centres communautaires et sont, pour certains, pris en charge par la Croix rouge sud-africaine.
On leur reproche d'être responsables de la criminalité - une des plus élevées du monde avec une cinquantaine de meurtres par jour - et de prendre les emplois aux nationaux dans ces zones où le chômage avoisine les 40%.
Les attaques avaient débuté à Alexandra le 11 mai, faisant deux morts, dont un Sud-Africain, et 40 blessés, selon la police. Elles se sont étendues à d'autres townships de Johannesburg dans la semaine.
La majorité des immigrants qui sont arrivés en Afrique du Sud ces dernières années viennent du Zimbabwe voisin. On estime que trois millions ont franchi la frontière.
Cette nouvelle vague de violence contre des étrangers, un problème récurrent qui ternit l'image de la Nation Arc-en-Ciel gagnée par le pays après sa victoire sur le régime d'apartheid en 1994, a été largement condamnée par la classe politique.
Le président sud-africain Thabo Mbeki avait appelé le mois dernier ses concitoyens à cesser ces attaques xénophobes.
"En tant que Sud-Africains, nous devrions refuser de participer à des attaques inutiles contre des innocents seulement parce qu'ils sont étrangers", avait-il déclaré lors du 14e anniversaire des premières élections multiraciales qui ont marqué la chute de l'apartheid.
Une porte-parole du Forum des exilés zimbabwéens, Anna Moyo, trouve ces attaques d'autant plus injustes que de nombreux noirs sud-africains ont été accueillis sans problème dans les pays voisins durant l'apartheid. "Ils devraient apprendre à apprécier les autres, à coexister avec eux. Le gouvernement sud-africain devrait gérer ce problème en urgence", dit-elle.
