Le 60e Festival de Cannes délaisse les grands pour un "petit" film roumain
CANNES (AFP) - Le 60e Festival de Cannes a décerné dimanche la Palme d'or à un film roumain, "4 mois, 3 semaines et 2 jours", en tête d'un palmarès qui braque résolument les projecteurs sur le cinéma d'auteur le plus exigeant, pour cette édition anniversaire du plus grand festival de cinéma du monde.
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| L'actrice américaine Jane Fonda (g) remet la Palme d'Or du Festival de Cannes au réalisateur roumain Cristian Mungiu, le 27 mai 2007 à Cannes (© AFP - Valery Hache) |
"Pour moi c'est un peu un conte de fées", a commenté Mungiu, 39 ans, dont le sacre est également celui d'un jeune cinéma roumain qui s'impose comme un des plus créatifs sur la scène internationale.
"J'espère que cette Palme d'or sera une bonne nouvelle pour les petits cinéastes des petits pays, car il semble enfin qu'on n'ait plus besoin de gros budgets et de grandes stars pour faire une histoire que tout le monde écoutera", a-t-il poursuivi.
Cristian Mungiu avait été remarqué dès son premier long-métrage, "Occident", présenté en 2002 dans la sélection parallèle de la Quinzaine des réalisateurs.
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| Le réalisateur allemand d'origine turque Fatih Akin prononce un discours après avoir obtenu le prix du scénario à Cannes, le 27 mai 2007 (© AFP - Valery Hache) |
Le jury présidé par le cinéaste britannique Stephen Frears a aussi récompensé l'acteur russe Konstantin Lavronenko, dans "Le Bannissement" d’Andreï Zviaguintsev, et l'actrice coréenne Jeon Do-yeon, héroïne de "Secret Sunshine" de Lee Chang-dong, deux nouveaux venus sur la scène internationale.
Le 60e Festival de Cannes a donné son Grand prix, la plus haute récompense après la Palme d'or, à "La forêt de Mogari" de la Japonaise Naomi Kawase, récit naturaliste marqué par le mysticisme, le deuil et les liens qu'il peut tisser entre les générations.
"Ce qui nous donne des forces, ce sont des choses que l'on ne voit pas, comme le vent, ou des personnes décédées, et quand on a ce point d'appui, on peut être seul et continuer à avancer", a déclaré Naomi Kawase.
Un prix anniversaire de cette 60e édition du Festival de Cannes a été déce
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| Palmarès du 60e Festival de Cannes (© AFP/Infographie) |
"Le scaphandre et le papillon", film de production française réalisé par l'Américain Julian Schnabel, a obtenu le prix de la mise en scène.
Le film est l'adaptation cinématographique du roman autobiographique éponyme écrit par Jean-Dominique Bauby. L'écrivain et journaliste, victime d'un "locked-in syndrome", l'avait rédigé en le "dictant" par des cillements d'oeil, le seul mouvement qui lui restait possible.
Le prix du scénario va à "De l'autre côté" du jeune Germano-Turc Fatih Akin, 33 ans.
Le film d'animation "Persépolis", adaptation de la bande dessinée de la Française d'origine iranienne Marjane Satrapi et récit de la Révolution islamique de 1979, a obtenu le prix du jury, ex aequo avec "Lumière silencieuse" du Mexicain Carlos Reygadas.
Fatih Akin a profité de son prix pour lancer un appel à l'unité de la Turquie avant les législatives du 22 juillet, et Marjane Satrapi a dédié sa récompense au peuple iranien.
Ravi et détendu avant la cérémonie, le président du jury Stephen Frears a reconnu qu'il y avait "un petit peu" d'animation lors des débats entre les neuf membres du jury -- dont le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk et les acteurs Maggie Cheung et Michel Piccoli --, mais "il n'y a pas eu de sang sur les murs".
En 2006, la Palme d'or était revenue au très politique -- mais aussi très classique dans sa facture -- "Le vent se lève" du Britannique Ken Loach, épopée de l'indépendance irlandaise et pamphlet anti-impérialiste.


