Accueil des Forums Forums Atlasvista Maroc

Musique Andalouse
Cliquez ici pour revenir en vue normale

 
       Accueil des Forums -> Musique
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
M.A. Msik



Inscrit le: 04 Déc 2002
Messages: 618
Localisation: AtlasVista Maroc

Posté le: 18 Aoû 2005, 11:09    Sujet du message: Musique Andalouse  

Vestige vivant de la brillante civilisation hispano-maghrébine, la musique andaluci du Maroc perpétue un large répertoire de chants et de musique instrumentale, le âla, que les Marocains ont jalousement conservé grâce à une très forte tradition orale.

De nos jours, ce répertoire se compose de onze nûbâ, suites vocales et instrumentales, basées chacune sur un mode principal spécifique et un nombre variable de modes secondaires. Chaque nûbâ se divise en cinq parties principales ou mîzân, d'inégales durées et correspondant respectivement aux cinq rythmes de base :



Chaque mîzân respecte le principe de l'accélération progressive en trois phases muwassal (large), mahzûz (relevé), insirâf (allant, rapide).

Outre la qasida classique, le corpus poétique de la nûbâ comprend des muwashshahat construits sur une métrique nouvelle distincte du mètre 'arûd traditionnel, ainsi que des zajal andaluci et des barwâla (malhûn marocain). On a coutume d'appeler le texte poétique chanté une san'a (métier, oeuvre d'art). Chaque san'a se compose d'un poème de deux à sept vers divisés en deux hémistiches et séparés par des ritournelles instrumentales. Les san'a traitent de sujets variés hommage aux plaisirs de l'amour et du vin, piété, soufisme.

La nûbâ couvre une durée moyenne de sept heures. Elle n'est généralement pas exécutée dans sa totalité, on se contente lors des fêtes de jouer un mîzân. Selon la tradition chaque mîzân commence par des préludes instrumentaux, bughya, mishâtiyya, tûshiya, suivis de l'enchaînement des san'a exécutées en choeur. Parfois un ou deux chants individuels (mawwâl ou inshâd) peuvent s'intercaler entre deux san'a, ou se substituer aux préludes instrumentaux du mîzân.

L'orchestre traditionnel se compose d'instrumentistes-chanteurs au milieu desquels se place le chef, dépositaire du répertoire et ayant à son actif une longue expérience du style et du mode d'agencement des san’a

Si le jeu instrumental et l'exécution vocale respectent de manière générale le caractère monodique de la nûbâ, chaque instrumentiste-chanteur se voit néanmoins conférer une relative liberté d'exécution par rapport à l'ensemble des autres musiciens, ce qui provoque fréquemment des moments hétérophoniques, De nos jours, les instruments de l'orchestre interprétant le âla sont le rbâb tenu généralement par le chef, le ud, le violon, l'alto, le violoncelle, le târ et la darbûka

Le rbâb est une vièle monoxyle à deux cordes frottées en boyau, dépourvue de manche, et constituée d'une caisse naviforme en bois de noyer, cèdre ou acajou. La caisse est recouverte dans sa partie supérieure d'une mince lame de bois ornée de rosaces et dans sa partie inférieure d'une peau de chèvre. L'archet, court et massif, se compose d'un morceau de fer en forme d'arc tendant une mèche de crins de cheval. Joué verticalement, le rbâb repose sur les cuisses de l'instrumentiste.

Le 'ud est un luth piriforme à cinq ou six rangs de doubles cordes dont le manche est dépourvu de frettes, Il est joué avec un plectre de corne.

Le violon et l'alto occidentaux, introduits au XVIIIeme siècle, sont joués verticalement sur le genou gauche. Le violoncelle quant à lui est d'introduction récente, il peut être joué à l'archet ou en pizzicato.

Le târ est un petit tambour sur cadre d'environ 15cm de diamètre muni de cymbalettes d'argent ou de cuivre. Tenu dans la main droite, il est frappé par les doigts ou la paume de la main gauche, tandis qu'un savant travail de la main droite en fait heurter le cadre contre le poignet droit.

La darbûka est un tambour-calice en terre cuite recouvert d'une peau de chèvre. Posée en travers de la cuisse gauche elle est frappée à mains et à doigts nus. A l'instar de la nûbâ gharîbat al-husayn interprétée par l'orchestre AI-Brihi de Fès sous la direction de Haj Adbelkrim al-Raïs, la nûbâ al-'ushshàq est une contribution nouvelle à l'Anthologie Al-ala s'inscrivant dans le cadre de la politique tracée pour la sauvegarde et la préservation du patrimoine culturel marocain.

La diffusion de ce patrimoine vise notamment à constituer progressivement un fonds documentaire réalisé dans les conditions techniques les plus performantes, alliant la haute fidélité au respect de l'authenticité et des règles classiques d'interprétation.

La nûba al-'ushshâq, l'une des plus belles tant par sa musique que ses poèmes, est également l'une des plus populaires, ses mizân étant très fréquemment joués dans les fêtes privées et publiques.

L'artiste défunt Moulay Ahmed Loukili, l'un des grands noms de la musique andaluci de ce siècle. chef de l'orchestre de la R.T.M. de 1953 jusqu'à sa mort, le 25novembre 1988, détenait, en plus de son savoir musical, un sens aigu du texte et de la littérature qui le servit maintes fois dans la restauration des san'a dont la syntaxe musicale et les poèmes avaient subi des dommages. Rien d'étonnant à cela quand on sait combien il s'investit dans le perfectionnement de l'interprétation, ainsi que dans le développement du sens esthétique chez ses musiciens et ses disciples. Il avait entamé les répétitions de cette nûbâ afin de participer à l'Anthologie, lorsque la maladie le contraignit à interrompre son travail.

A sa mort, Haj Mohamed Toud, le plus ancien et le plus doué des musicens de l'orchestre, prit la relève et continua l'oeuvre de son maître. Le résultat en est une nûbâ complète dont les san'a sont admirablement agencées.

LA NUBÂ 'USHSHÂQ

Dans la classification d'al-Hayk (XVIII, siècle), al-'ushshâq apparaît comme la onzième et dernière nûbâ du répertoire al-âla marocain. Nûbâ du matin, ses poèmes révèlent le désir de clarté et de limpidité qui fait suite à une nuit agitée, toute entière consacrée à la beauté et au vin.

La nuit obscure bat en retraite,
Poursuivie par la lumière qui balaie les ténèbres,
Les bougies se consument en pleurant nos adieux,
Et voilà que les oiseaux chantent et que les fleurs nous sourient
(14e san'a du mîzân basît)

La nûbâ al-'ushshâq est basée principalement sur le tab' (mode) 'ushshâq autour duquel gravitent deux modes secondaires : rami dit et dit. Ces trois modes, présentés séparément ou mêlés à l'intérieur d'une même san'a concourent à faire de la nûbâ al-'ushshâq l'une des plus populaires au Maroc du fait de la variété des couleurs modales et de la fraîcheur qui s'en dégagent.

Le mode 'ushshâq
Finissant sur la note ramal (sol), ce mode reflète une structure pentatonique fondamentale, les quatrième et septième degrés, plus rares et plus instables que les cinq autres, pouvant être considérés comme des notes de passage ou des positions provisoires destinées à introduire les autres modes.



La tüshiya de la nûbâ donne une excellente illustration de ce caractère pentatonique



Le mode ram dil
Basé sur la note maya (ré), raml dil se caractérise par l'apparition du tétracorde (jins) hijaz :



e jins est utilisé dans les fins de phrases et presque toujours sous la forme d'une figure descendante allant de la dominante à la tonique, avant que n'apparaissent les notes dil (do) et sikâ (mi) qui participent à la définition du mode. L'exemple en est donné dans la san'a , âhin ya sultânî,, du mizan btâyhî:



Le mode dil
Ce tab' est fondé sur la note dil (do) avec une insistance sur la note sikâ (mi) comme c'est le cas dans la san'a , sayyidî fal ma tashâ , du btâyhî:



------------------------------------------------------------------------------------
Source: mincom.gov.ma

Citation: Un petit aperçu avec Abdelkarim Raiss et Haj Mohamed Bajeddoub :


:arrow: Abdelkarim Raiss

:arrow: Haj Mohamed Bajeddoub
Revenir en haut  
znetti



Inscrit le: 21 Fév 2005
Messages: 3095
Localisation: Zürich

Posté le: 18 Aoû 2005, 19:37    Sujet du message: Re: Musique Andalouse  

Merci Misk de partager tout ça avec nous :idea:
Revenir en haut  
rifiya



Inscrit le: 14 Déc 2004
Messages: 1193
Localisation: France

Posté le: 20 Aoû 2005, 08:06    Sujet du message: Re: Musique Andalouse  

http://medi1.com/musique/liste_titres.php?t=andalouse&chanteur=ABDELKARIM_RAIS&l=debut


:wink:
Revenir en haut  
Katy



Inscrit le: 22 Aoû 2005
Messages: 3

Posté le: 23 Aoû 2005, 14:56    Sujet du message: Re: Musique Andalouse  



je pense que tout le monde ici reconnait l'Agdal à Marrakech..

Ca n'est pas anodin, ce chanteur a vécu à Marrakech et sort son album, musique andalouse avec un titre intitulé "Jemaa le Fna" et un autre "Reine de Marrakech"..

vous pouvez lui envoyer un mail et il vous enverra un cd demo gratuitement

www.gardelino.com

:wink:
Revenir en haut  
Katy



Inscrit le: 22 Aoû 2005
Messages: 3

Posté le: 04 Oct 2005, 09:17    Sujet du message: Re: Musique Andalouse  

L'album sort le 24 octobre à la fnac!!

rdv là-bas, il y a un morceau sur "jemaa el fna" très reussi :oops:
Revenir en haut  
 
       Accueil des Forums -> Musique
Page 1 sur 1


Réalisé avec phpBB
Arcanes Technologies © 2001-2005 Tous droits réservés.