Washington souhaite que l'Onu rétablisse sa crédibilité
WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis ont souhaité jeudi que l'Onu agisse avec fermeté à l'encontre de Téhéran qui refuse de se plier aux exigences du Conseil de sécurité concernant son programme d'enrichissement d'uranium, afin de rétablir sa crédibilité.
Le délai fixé par la communauté internationale pour que l'Iran renonce à son programme d'enrichissement d'uranium est fixé à vendredi.
Selon le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns le rapport que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei présentera vendredi sera "extrêmement négatif" pour l'Iran.
M. ElBaradei remet vendredi au Conseil de sécurité et à l'exécutif de l'AIEA un rapport indiquant que Téhéran n'a pas obtempéré aux injonctions de l'Onu, lançant ainsi un compte à rebours avant d'éventuelles sanctions. "Il n'y a aucun doute dans mon esprit que nous allons voir une réponse internationale significative", a dit M. Burns. "Et ce sera une réprimande pour les actions du gouvernement iranien", a-t-il ajouté.
M. Burns, numéro trois du département d'Etat doit rencontrer mardi à Paris les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) ainsi que leur homologue allemand pour étudier les suites à donner au refus annoncé de Téhéran de répondre à la demande du Conseil.
Des responsables américains ont indiqué que la France et la Grande-Bretagne pourraient présenter une ferme résolution contre Téhéran peu après cette réunion et que les ministres des Affaires étrangères des cinq grands et de l'Allemagne pourraient se réunir la seconde semaine de mai. "Les Etats-Unis sont de l'avis que pour être crédible le Conseil de sécurité doit évidemment agir", avait auparavant déclaré à Sofia la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en marge d'une réunion avec ses homologues de l'Otan.
Mme Rice a souligné que le Conseil de sécurité "ne peut pas voir sa parole et sa volonté tout simplement ignorées par un Etat membre". Mme Rice a néanmoins réaffirmé que les Etats-Unis espéraient toujours trouver une solution diplomatique à la crise avec l'Iran. "J'ai parlé avec mes collègues à travers le monde", a indiqué Mme Rice en assurant que "nous sommes déterminés à poursuivre la voie diplomatique".