| Washington étudie plusieurs réponses dont l'intervention armée |
| WASHINGTON (AFP) - Washington garde deux fers au feu pour l'Iran: tout en appelant à des sanctions internationales, les Etats-Unis ont recours à d'autres pressions, dont la menace voilée d'intervention armée si Téhéran continue à défier les règlements internationaux sur le nucléaire. |
Les responsables américains sont quasi certains que l'Iran va être considéré comme violant ces règlements le 28 avril, date limite fixée par la communauté internationale pour que Téhéran renonce à l'enrichissement d'uranium.
Mais les doutes demeurent sur la nature de la réponse du Conseil de sécurité de l'Onu. Y aura-t-il un consensus pour que des mesures sévères soient adoptées, alors que la Russie et la Chine, deux pays opposés aux sanctions, disposent d'un droit de veto au Conseil ?
"La diplomatie est mise à l'épreuve", a reconnu la semaine dernière Nicholas Burns, numéro 3 du département d'Etat, avouant ne pas savoir ce qu'il adviendra dans un mois.
Washington a commencé à laisser circuler, de manière encore très floue, l'idée de raids militaires contre l'Iran. En mars, un document sur la stratégie de défense nationale avait identifié l'Iran comme étant la principale menace extérieure pour les Etats-Unis.
Mme Rice a fait monter la pression la semaine dernière en déclarant que "le droit à l'auto-défense ne rendait pas nécessaire une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu". "Il est important de noter que le président (George W. Bush) n'a écarté aucune option", avait-elle ajouté, laissant ainsi la porte ouverte à l'éventualité d'une intervention militaire.
Dans le même temps, les Etats-Unis s'affichent toujours ouvertement comme étant d'ardents défenseurs de la voie diplomatique et de sanctions. Washington a ces derniers mois tenté de rallier à sa cause d'autres pays pour les enjoindre d'entreprendre des actions bilatérales ou collectives contre l'Iran, hors de l'Onu.
Les Etats-Unis ont ainsi suggéré que des pays gèlent les avoirs financiers iraniens ou imposent des restrictions dans les déplacements de certains responsables du régime ou encore réduisent leurs relations commerciales. Parlant notamment de la Russie, M. Burns a plaidé pour un embargo sur les ventes d'armes et de technologie sensible à l'Iran.
Robert Joseph, sous-secrétaire chargé du contrôle des armements, était dans le Golfe cette semaine pour faire également pression sur les pays arabes et leur demander de sévir commercialement et financièrement contre l'Iran.
Après avoir appelé pendant des années le Conseil de sécurité à débattre sur le programme nucléaire iranien, les responsables américains ont toujours l'espoir que des mesures concrètes seront prises. Mais ils sont également parfaitement conscients qu'un échec, par manque de consensus, est possible.
"Si nous n'arrivons pas à l'unité au sein du Conseil de sécurité, il peut y avoir des Etats qui souhaiteront entreprendre d'autres actions", a indiqué lundi la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice.
M. Burns n'a pas hésité à explorer d'autres options auprès de groupes de pays comme l'Union européenne qui a commencé à réfléchir à ses propres sanctions.
"Il faut étudier un ensemble de possibilités", a-t-il dit. Les Américains ont mis au point un calendrier diplomatique en vue de riposter après l'expiration du délai de 30 jours accordé à l'Iran pour se conformer aux demandes de la communauté internationale.
Les directeurs politiques des ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) plus l'Allemagne doivent se rencontrer mardi à Paris pour étudier les prochaines étapes.
La France et la Grande-Bretagne devraient prochainement présenter à l'Onu un projet de résolution faisant référence au chapitre Sept de la charte des Nations unies qui autorise l'usage de la force et le recours à des sanctions.
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| Publié le: 27/04/2006 à 10:52:35 GMT |
Source : AFP |
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