| Un village indonésien plongé dans le noir et le dénuement |
| IMOGIRI (AFP) - Il pleut des cordes sur le village indonésien d'Imogiri et la nuit est sombre. On devine des silhouettes recroquevillées sous une bâche: ce sont des survivants du tremblement de terre. |
Leur condition est misérable. Plus de 48 heures après la catastrophe qui a fait près de 5.000 morts, l'électricité reste coupée et pour s'éclairer les sinistrés ne disposent que d'une maigre chandelle, d'une lampe à pétrole et d'un générateur à carburant à peine capable d'alimenter une maigre ampoule fluorescente.
On distingue difficilement les visages. "Il n'y a pas de lampe, pas de lumière. Et pas de piles. Donc nous avons besoin d'aide", insiste Yonathan Karlos, un étudiant de 19 ans.
Ils ont perdu leur maison, ou c'est tout comme: ceux qui en possèdent encore une sont effrayés par l'idée de retourner y vivre.
En guise de nouveau toit, certains ont tendu des grandes feuilles de plastique entre des branches d'arbre ou des poteaux en bambou.
Sous cet abri précaire ils ont placé ce qu'il leur reste: quelques vêtements, des tasses, un parapluie, le tout extirpé des décombres de leur habitation.
Sri Wahyuningsih, 18 ans, ferait presque figure de privilégiée. Avec sa tante et son oncle elle a pu trouver refuge sous une structure métallique servant d'abri pour les mariages et les fêtes communales.
L'espace sec dont ils disposent fait la taille d'un terrain de tennis, sauf qu'ils le partagent avec... environ deux cents autres sinistrés. Il y a à peine assez de place pour s'allonger alors les villageois restent accroupis tandis que des enfants insouciants jouent à leurs côtés.
"Les gens d'autres villages nous ont rejoints car nos équipements sont peut-être meilleurs", explique Sri.
Les échoppes alimentaires mobiles si courantes en Indonésie, en fait de simples charrettes à bras, sont alimentées en lumière en consumant du pétrole lampant. Ce système sert aujourd'hui à éclairer les infortunés habitants d'Imogiri.
Le hameau a reçu de l'assistance d'autres villages, la solidarité fonctionnant à plein, et les militaires indonésiens ont dégagé les voies d'accès. Mais les autorités n'ont pas fourni de vivres ni de tentes.
Sur la route principale des résidents font la quête, un gobelet dans une main et un pancarte dans l'autre affichant: "Aidez-moi".
Nous avons besoin de nourriture pour les nourrissons et de vêtements pour les enfants, car ils sont si nombreux. Et nous avons besoin d'eau propre", affirme Salaman Talun, obligé d'aller puiser de quoi boire.
Deux nuits se sont déjà écoulées depuis le drame mais Yonathan Karlos confie n'avoir pas fermé l'oeil. Il a dû aider son oncle à monter la garde auprès de son commerce de vélomoteurs, par crainte des pillages. Le magasin est pourtant transformé en un tas de briques et de poutres enchevêtrées.
Il souligne que les rescapés du séisme redoutent maintenant une éruption du volcan Merapi qui domine toute la région de Yogyakarta.
"Beaucoup de gens ici pensent que Dieu est en train de nous punir. Mais moi je crois encore à sa bienveillance", confie Yonathan.
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| Publié le: 29/05/2006 à 09:22:55 GMT |
Source : AFP |
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