| La victoire de Sarkozy consacre la prééminence de la droite en France |
| PARIS (AFP) - L'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République dimanche, face à la socialiste Ségolène Royal, consacre la prééminence de la droite sur la vie politique française depuis la fin de l'ère Mitterrand en 1995. |
Après les élections de Jacques Chirac en 1995 et 2002, la droite, autour de l'UMP, parti voulu par Jacques Chirac pour l'unifier, a obtenu un nouveau succès, après une campagne où elle a affiché sans complexe ses valeurs traditionnelles.
Sixième président de la Ve République, M. Sarkozy est aussi le cinquième de droite.
Son score sans appel lui donne toute latitude pour appliquer son programme.
Pour la gauche, et notamment le PS, cette troisième défaite consécutive dans le scrutin majeur sous la Ve République n'a pas le goût amer de la déroute de 2002, quand son champion, Lionel Jospin, n'avait pas réussi à passer le premier tour.
L'échec de Ségolène Royal n'en est pas moins lourd de menaces pour la cohésion du PS, dont la stratégie d'ouverture vers le centre et les orientations ne manqueront pas de faire l'objet de remises en cause émanant tant de son aile gauche que de son courant social-démocrate.
Particulièrement dans un contexte où dans de nombreux pays d'Europe, les partis de ce courant exercent le pouvoir: Royaume Uni, Italie, Espagne...
Dès dimanche soir, Dominique Strauss-Kahn a porté un jugement "sévère" sur le fonctionnement du PS, appelant à une refondation. "Les Français ne veulent pas qu'on leur sorte des solutions qui ont 20 ans. Ils voient bien que la gauche doit apporter autre chose que ce qu'elle a toujours dit", a-t-il affirmé.
L'ancien ministre PS Bernard Kouchner a carrément souhaité un "programme commun" avec le centre.
Nicolas Sarkozy a pu pour sa part s'appuyer sur un appareil UMP, qu'il a mis au service de son ambition, malgré l'hostilité de départ de celui qui fut son mentor, Jacques Chirac, et une personnalité tout sauf consensuelle.
Puis il a rassemblé au premier tour près de 11,5 millions d'électeurs (31,18%), levant du même coup, pour la droite parlementaire, l'hypothèque Front National, réduit à 10,44%.
Près de 40% des électeurs UDF du premier tour ont voté pour lui, refusant de suivre François Bayrou, qui avait annoncé ne pas voter Sarkozy.
Les électeurs FN n'ont pas davantage respecté la consigne "d'abstention massive" lancée, le 1er mai, par le leader d'extrême-droite. Entre 63% et 66% ont voté Sarkozy, 20 à 25% s'abstenant ou votant blanc.
La participation, remarquable le 22 avril, a encore augmenté dimanche pour atteindre 85,5%, un des meilleurs taux sous la Ve République.
A l'inverse du vainqueur, Ségolène Royal, première femme en situation d'accéder à la présidence de la République, n'a pas réussi le pari improbable de réunir dans les urnes une majorité qui serait allée de l'extrême gauche trotskiste à la démocratie chrétienne, en passant par Verts, altermondialistes et communistes.
40% des électeurs Bayrou l'ont cependant rejointe. Mais le "tout sauf Sarkozy" n'a fonctionné ni dans l'entre-deux tours, ni au tour décisif.
Après son bon score le 22 avril (près de 25,9%), le meilleur pour la gauche depuis les 34,11% de François Mitterrand en 1988, la candidate socialiste peut se targuer d'avoir maintenu l'écart de 6 points qui la séparait de son concurrent.
Mais elle devait remonter un handicap presque insurmontable puisque l'ensemble de la gauche, le 22 avril, culminait à 36,44%, son plus bas historique depuis 1969.
Elle n'a pas fait le plein des voix chez les électeurs des autres candidats de gauche du premier tour: 72% seulement, selon Ipsos.
La victoire de Nicolas Sarkozy, que les sondages avaient pronostiquée sans relâche depuis son investiture le 14 janvier, le place en position de force pour se doter d'une majorité solide aux législatives de juin.
Il peut aborder cette échéance sans avoir à passer sous les fourches "bayrouistes": avant même sa victoire, des sondages plaçaient l'UMP en tête avec 34% à 35% d'intentions de vote, contre 29 à 30% au PS et entre 12% et 15% au Mouvement démocrate de Bayrou.
Pour le PS en revanche, va se reposer le problème des alliances, sur la gauche mais aussi au centre, au risque d'accroître les divisions et de précipiter un aggiornamento politique à haut risque.
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| Publié le: 06/05/2007 à 22:20:57 GMT |
Source : AFP |
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