| La victoire de l'opposition aux Etats-Unis, un rejet de Bush et de la guerre |
| WASHINGTON (AFP) - La victoire de l'opposition démocrate aux élections parlementaires de mardi aux Etats-Unis exprime un rejet du président Bush et une volonté de changer la politique conduite en Irak. |
C'est "une réponse directe à l'impopularité du président Bush et à l'impopularité croissante de la guerre en Irak", souligne le politologue Larry Sabato, professeur à l'Université de Virginie.
De premiers sondages réalisés à la sortie des urnes lui donnent raison: près de six électeurs sur dix ont déclaré qu'ils désapprouvaient à la fois la conduite de la guerre en Irak, et plus généralement la politique du président Bush, condamné à deux ans d'une cohabitation inconfortable tandis que s'ouvre dès mercredi la campagne pour lui succéder à la Maison Blanche.
"Les gens en ont vraiment assez de Bush, veulent un changement de politique, et ont reproché aux républicains la mauvaise performance" du pays ces dernières années, estime aussi Darrell West, professeur à Brown University.
Pour Andrew Kohut, le directeur du prestigieux institut de recherches Pew interrogé par la station de radio NPR, l'élection a exprimé "la colère des électeurs", en particulier ceux qui ne sont affiliés à aucun parti (les "indépendants", qui ont massivement penché démocrate.
L'opposition démocrate, qui semblait laminée à l'issue de la présidentielle en 2004, a mis fin à douze ans de domination républicaine à la Chambre des représentants.
Le contrôle du Sénat restait en revanche incertain aux premières heures de mercredi, suspendu au vote des électeurs de trois Etats clés, la Virginie, le Missouri et le Montana.
A l'issue de cette élection la démocrate Nancy Pelosi a toutes les chances de devenir la première femme à présider la Chambre des représentants, à la tête d'une majorité qui a fait campagne sur le thème du changement en limitant ses promesses à des propositions guère polémiques, comme le relèvement du salaire minimum.
En tout état de cause, soulignent tous les experts, les démocrates n'auront guère les moyens d'imposer une politique audacieuse, face à un président Bush qui garde son droit de veto, voire face à un Sénat resté républicain.
En particulier, ils n'auront pas les moyens d'imposer un retrait d'Irak, la conduite des opérations militaires restant une prérogative présidentielle.
"Nous nous engageons dans le blocage", souligne M. Sabato, qui promet néanmoins "beaucoup d'enquêtes (parlementaires). Le pouvoir de citer à comparaître des responsables sera le principal pouvoir" des démocrates, impatients de sommer les responsables de s'expliquer sur les erreurs et les abus commis, en Irak et ailleurs.
Guère en mesure de légiférer, le Congrès deviendra aussi une plate-forme de lancement pour la présidentielle de 2008 - dès mercredi, soulignent les experts.
"Nous pouvons nous attendre à voir les démocrates et les républicains commencer à façonner le programme de campagne de 2008, et ils n'auront aucun intérêt à coopérer sur les dossiers risquant d'influer" sur la présidentielle, souligne Paul Light, professeur à New York University.
Du côté des personnalités fortes émergeant du nouveau paysage politique, Mme Pelosi va incarner le message du parti démocrate - mais seulement le temps que se déclarent les candidats à la présidentielle.
Or à l'heure actuelle, la course à la Maison Blanche est totalement ouverte Huit à neuf candidats pourraient se déclarer dans chaque parti à partir du printemps prochain, estime M. West, avec en têtes d'affiche la sénatrice de New York Hillary Clinton, son collègue de Chicago Barack Obama, et l'ancien candidat à la vice-présidence John Edwards, côté démocrate.
Côté républicain, le sénateur John McCain et l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani, qui se sont beaucoup investis dans la campagne alors qu'ils n'avaient pas de mandat en jeu, ont des chances de jouer un rôle de premier plan, tout comme le gouverneur sortant du Massachusetts Mitt Romney.
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| Publié le: 08/11/2006 à 07:13:43 GMT |
Source : AFP |
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