| Les victimes évaluent leur préjudice à plus d'un milliard d'euros |
| RENNES (AFP) - Des collectivités aux professionnels du tourisme en passant par les conchyliculteurs, les victimes de la marée noire de l'Erika évaluent le préjudice économique de la catastrophe à plus d'un milliard d'euros, une somme bien plus élevée que les indemnités déjà reçues. |
"Si vous ajoutez le préjudice écologique, dont plusieurs collectivités comme les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire entendent également obtenir réparation, il faut doubler ce montant", estime Yann Hélary, président de l'Association interrégionale Ouest littoral Solidaire (AIOLS), qui regroupe d'importantes collectivités locales parties civiles.
"Mais ce n'est rien comparé aux bénéfices dégagés par Total", affréteur du pétrolier qui a déversé 19.000 tonnes de fioul en mer et souillé 400 km de côtes du Finistère sud à la Charente, ajoute le vice-président (Verts) des Pays-de-la-Loire. Total a dégagé un bénéfice record de 12 milliards d'euros en 2005.
L'AIOLS base son évaluation du préjudice écologique sur une étude de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) dont elle ne veut pas publier les détails avant le procès de la catastrophe.
Le montant des indemnités réclamées ne sera fixé qu'à la fin de l'audience où comparaissent 15 personnes physiques ou morales, dont Total, selon les avocats. L'enjeu pour les parties civiles est d'obtenir de meilleures indemnisations que celles accordées par le Fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (Fipol), qui juge "astronomiques" les sommes réclamées.
Alimenté par des taxes sur l'industrie pétrolière des Etats membres, l'agence dispose de 184 millions d'euros, dont 128 ont déjà été versés pour répondre à 5.665 demandes jugées recevables (sur 6.700 examinées environ) pour l'Erika.
Le principal dommage économique concerne le tourisme, à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros, selon une étude diffusée par les Pays-de-la-Loire en 2001.
De son côté, l'Etat a chiffré son préjudice à 153 millions d'euros.
Les activités maritimes ont également été touchées à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Des paludiers des Salines de Guérande aux ostréiculteurs, plusieurs professions avaient interrompu leur production par précaution.
Le préjudice des pêcheurs à pied, qui ont perdu deux millions de journées de pêche, a été évalué à 100 millions d'euros.
Quant aux dommages sur la biodiversité, ils restent "incommensurables car on connaît peu la faune et la flore marines", indique Christian Buchet, directeur du centre d'études de la mer de l'Institut catholique de Paris.
Selon une étude des associations pour l'environnement LPO et Bretagne vivante, de 110.000 à 150.000 oiseaux ont été tués par l'Erika, contre 19.000 à 37.000 pour l'Amoco Cadiz qui avait pourtant déversé 227.000 tonnes de pétrole en mer.
"L'écosystème marin a souffert sur le coup mais, sept ans après, les conséquences sont très probablement négligeables", estime toutefois Gilles Bocquené, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). "La catastrophe écologique a été évitée grâce aux bénévoles qui ont ramassé le pétrole".
"Les marées noires ne représente que 2,5% d'une pollution marine qui vient avant tout de la terre", nuance aussi Christian Buchet.
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| Publié le: 12/02/2007 à 11:16:28 GMT |
Source : AFP |
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