| L'uranium enrichi: utilisation civile ou militaire |
| PARIS (AFP) - L'enrichissement de l'uranium, opération que l'Iran a annoncé avoir maîtrisée, permet de produire du combustible civil pour alimenter une centrale nucléaire ou de la matière fissile pour réaliser une bombe atomique. |
L'Iran extrait de l'uranium sur son propre territoire. Ce métal, gris, dur, présent dans plusieurs minerais, est un élément radioactif naturel qui dispose de deux isotopes, le U-238 et le U-235.
Toutefois, l'isotope 235, le seul intéressant pour les centrales comme pour la fabrication d'une bombe, car fissile, est en proportion trop faible (0,7%) pour que le minerai soit utilisé comme tel.
Il s'agit donc d'enrichir cet uranium, pour atteindre des taux d'isotope 235 de 4 à 5% pour un usage civil et de plus de 90% pour une utilisation militaire.
Dans le cas de l'Iran, cet enrichissement se fait par centrifugation et le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh, a annoncé que son pays avait "réussi à enrichir de l'uranium à 3,5%" le 9 avril dernier.
Dans un premier temps, l'uranium brut, ou "yellowcake", doit être converti en hexafluorure d'uranium (UF6), dont l'Iran a déclaré avoir produit 110 tonnes. Ce gaz est ensuite soumis dans les centrifugeuses à des vitesses de rotation extrêmes. Les atomes d'uranium les plus lourds (U-238) se portent à la périphérie de la machine tandis que les plus légers (U235) restent au centre.
Le gaz récupéré au centre est envoyé dans une deuxième centrifugeuse qui répète le processus, et ainsi de suite, dans une série de "cascades" de machines.
Selon l'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, l'Iran a procédé à l'enrichissement avec une cascade de 164 centrifugeuses, sur le site de Natanz.
Le degré de concentration de l'uranium en isotope U235 est notamment fonction du nombre de centrifugeuses utilisées, de leur efficacité, et de la durée du procédé.
Les usines d'enrichissement d'uranium ayant recours à ce procédé utilisent plusieurs milliers de centrifugeuses.
M. Aghazadeh a indiqué que son organisation tentera de "créer, d'ici à la fin de l'année, un ensemble de 3.000 centrifugeuses".
Selon l'Institut américain international pour la science et la sécurité internationale (ISIS), une installation de 1.500 centrifugeuses est suffisante pour produire en un an plus d'uranium militaire, c'est-à-dire hautement enrichi, que nécessaire pour une seule bombe atomique.
L'Iran ne dispose pas encore de centrale électrique nucléaire pour utiliser l'uranium qu'elle pourrait enrichir. Le seul projet de centrale est celui de Bouchehr, en cours de construction par la Russie. Moscou fournira également le combustible.
L'uranium irradié de cette centrale, à terme, sera rapatrié en Russie. Il aurait pu autrement être détourné par l'Iran à des fins militaires : le retraitement de l'uranium usagé permet en effet de produire du plutonium, dont il suffit de 6 kilos, de qualité militaire, pour fabriquer une bombe atomique.
Cette centrale, a déclaré le 20 avril le responsable nucléaire russe Sergueï Kirienko, "ne menace pas le régime de non-prolifération".
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| Publié le: 27/04/2006 à 10:46:20 GMT |
Source : AFP |
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