| Les troupes israéliennes entrent dans la bande de Gaza |
| GAZA (AFP) - Les troupes israéliennes sont entrées samedi dans la bande de Gaza et ont affronté les islamistes du Hamas, pour la première fois depuis le début il y a une semaine de l'offensive israélienne qui a coûté la vie à au moins 463 Palestiniens. |
Le groupe palestinien Hamas, qui contrôle Gaza, a menacé de transformer le territoire palestinien en "cimetière" pour l'armée israélienne, alors que le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné l'opération terrestre et réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU pour y mettre fin.
L'armée israélienne a annoncé que l'offensive terrestre, la première de cette envergure depuis l'évacuation de la bande de Gaza en 2005, durerait de "nombreux jours", la présidence du Conseil expliquant qu'elle visait à "prendre le contrôle" des secteurs de Gaza d'où sont tirées les roquettes contre Israël.
Israël avait depuis le début de son offensive le 27 décembre bombardé par air et par mer la bande de Gaza, où au moins 463 Palestiniens dont 75 enfants et 21 femmes ont péri, et 2.360 ont été blessés, selon un dernier bilan de sources médicales palestiniennes.
Pendant la même période, quelque 500 roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza ont fait quatre morts en Israël, dont un soldat, et une quinzaine de blessés, selon les autorités israéliennes.
Un "nombre important de forces" participent à la "deuxième phase" de l'offensive, qui a commencé avec l'entrée de troupes dans Gaza, a ajouté l'armée en menaçant les habitants de Gaza qui aideraient des "terroristes" du Hamas.
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a signé "un ordre de mobilisation urgente de milliers de réservistes" pour cette offensive.
Après l'entrée dans Gaza, des chars israéliens ont ouvert le feu sur des positions du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, essuyant en retour des tirs de mortier, selon des témoins.
Des explosions et des échanges de tirs étaient entendus dans plusieurs secteurs, alors que les troupes appuyées par des hélicoptères Apache avançaient dans la bande de Gaza. Les activistes palestiniens ont tiré des obus de mortier et fait exploser des bombes placées en bord de la route à leur passage.
Un enfant palestinien a été tué et 11 ont été blessés par un tir d'obus de char israélien dans la ville de Gaza, le premier décès recensé de l'offensive terrestre, selon des sources médicales.
"Votre entrée à Gaza ne sera pas une promenade de santé et Gaza sera votre cimetière avec l'aide de Dieu", a affirmé un porte-parole du Hamas, Ismaïl Radwane, en lisant un communiqué sur la chaîne de télévision du Hamas qui a affiché à l'écran un bandeau affirmant que la "résistance a préparé des centaines d'hommes et de femmes pour mener des opérations de martyr (attentats suicide)".
Dans un message diffusé quelques heures plus tôt, le Hamas avait menacé d'enlever des soldats israéliens.
L'aviation israélienne a dans le même temps mené des dizaines de raids, tuant au moins 22 Palestiniens samedi, dont 16 dans une mosquée et deux chefs locaux du Hamas, selon les secours palestiniens.
Les activistes palestiniens ont tiré quant à eux au moins 15 roquettes sur le Sud d'Israël, où trois personnes ont été blessées à Ashdod et Netivot, à respectivement 30 et 20 km de la bande de Gaza, selon l'armée israélienne.
M. Barak a aussi affirmé que son pays était prêt à toute éventualité à sa frontière nord avec le Liban, dans un avertissement voilé au mouvement chiite Hezbollah qui avait combattu l'Etat hébreu en 2006.
Pour le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le Hamas et les autres factions de "résistance" doivent infliger "le plus grand nombre de pertes" à l'armée israélienne.
L'offensive israélienne s'est également traduite par une détérioration de la situation pour la population d'un territoire surpeuplé et pauvre même avant la guerre. "La situation actuelle à Gaza est épouvantable et de nombreuses denrées de première nécessité ne sont plus disponibles", a déclaré Christine van Nieuwenhuyse, responsable du Programme alimentaire mondial.
L'administration du président américain George W. Bush avait dit laisser son allié israélien libre de décider de lancer ou non une offensive terrestre, se contentant de l'exhorter à éviter les victimes civiles.
Une porte-parole du président élu américain Barack Obama a déclaré que ce dernier "surveillait de près les événements mondiaux, dont la situation à Gaza", mais elle a ajouté: "il n'y a qu'un seul président à la fois et nous comptons respecter cela", pour justifier le silence prudent de M. Obama.
Sur le front diplomatique, une mission de l'Union européenne conduite par le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg, dont le pays assure la présidence de l'UE, est attendue au Proche-Orient dimanche. Mais d'emblée le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a estimé que l'opération terrestre d'Israël était "plus défensive qu'offensive".
Le président français Nicolas Sarkozy arrivera lundi dans la région et s'entretiendra lundi avec M. Abbas qui partira ensuite à l'ONU à New York pour plaider en faveur d'une trêve.
Entre-temps les manifestations de soutien à Gaza se sont poursuivies dans plusieurs capitales européennes, arabes et aussi en Israël.
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| Publié le: 03/01/2009 à 21:36:40 GMT |
Source : AFP |
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