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Dossiers » Procès du naufrage de l'Erika Dossiers » Procès du naufrage de l'Erika
Total, un groupe à l'image ternie par les affaires
Vue le 23 janvier 2003 à Donges de l'usine de retraitement mise en place par TotalFinaEl pour traiter les 270.000 tonnes de déchets collectés après la marée noire de l'Erika (© AFP/Archives - Frank Perry)
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PARIS (AFP) - Le groupe pétrolier français Total, poursuivi dans le procès de la catastrophe de l'Erika, a vu son image écornée à plusieurs reprises ces dernières années par les affaires et les procédures judiciaires, avec les crises de l'Erika, de l'usine AZF ou du travail forcé en Birmanie.
Lors du procès qui s'ouvre lundi, le tribunal correctionnel de Paris examinera la responsabilité de Total dans le naufrage, le 12 décembre 1999, de l'Erika, que le groupe pétrolier avait affrété.

Cette affaire a durablement marqué l'image du groupe. Comme l'explique Thierry Libaert, maître de conférence à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et spécialiste de la communication de crise, "Total n'a toujours pas réussi à surmonter la crise d'image relative à l'Erika", plus de sept ans après le naufrage.

Total figure à la dernière place du classement d'Ipsos d'octobre 2006 de trente grandes entreprises en termes d'image. Depuis plusieurs années, le groupe arrive régulièrement en queue de ce classement. Outre l'activité même, mal perçue, "c'est la catrastrophe de l'Erika qui a fait tomber Total dans les bas-fonds des classements de popularité", commente M. Libaert.

Thierry Desmarest le 15 février 2006 à Paris (© AFP/Archives - Stéphane de Sakutin)
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L'image de Total a encore été assombrie par la gestion maladroite de la catastrophe: l'absence du PDG Thierry Desmarest sur les lieux avait été particulièrement mal ressentie, et le groupe s'était vu reprocher d'avoir minimisé ses responsabilités. "Il y a eu des erreurs de communication", reconnaît Total. Mais "tout le monde a minimisé l'impact de cette catastrophe à l'époque".

Total a connu une nouvelle crise en 2001 avec l'explosion le 21 septembre de l'usine chimique AZF de Toulouse (30 morts), même si celle-ci "a moins choqué", selon M. Libaert, parce que M. Desmarest s'était cette fois déplacé à Toulouse le jour de l'explosion. La crise s'est là aussi prolongée, puisque la procédure est toujours en cours. Des arrêts doivent être rendus le 8 mars sur des demandes de non-lieu concernant les deux mis en examen, la société Grande Paroisse, propriété de Total, et l'ancien directeur de l'usine.

Total a aussi été empoisonné pendant plusieurs années par l'affaire du travail forcé en Birmanie, suite à la plainte en 2002 de huit travailleurs birmans qui lui reprochaient d'avoir travaillé sans rémunération pour la construction d'un gazoduc. Le groupe a bénéficié d'un non lieu dans ce dossier en juin 2006.

Toutes ces crises sont d'autant plus mal ressenties qu'elles sont allées de pair avec l'insolente réussite financière du groupe multi-milliardaire, première capitalisation boursière de la zone euro, qui a affiché en 2005 des bénéfices de 12 milliards d'euros Sa réussite "a donné l'impression que l'entreprise était uniquement tournée vers les actionnaires", explique M. Libaert.

Enfin, l'actualité judiciaire est chargée pour Total en ce début d'année, puisque, outre l'Erika, le groupe est visé par des affaires de corruption présumée en lien avec l'Irak, l'Iran et au Cameroun. Ces affaires financières "ont moins d'impact pour le citoyen consommateur que les crises qui touchent à la santé et l'environnement", souligne cependant l'universitaire.

Mais Total, "qui a essayé récemment de reprendre la parole avec une campagne d'image", a maintenant "intérêt à mener des actions concrètes, humbles, pour essayer de retrouver un ancrage social".

Publié le: 12/02/2007 à 11:16:31 GMT Source : AFP
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