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Dossiers » Flamme olympique: la polémique Dossiers » Flamme olympique: la polémique
Tibet: l'ampleur de la contestation à Paris accroît l'embarras de la France
Rama Yade, le 2 avril 2008 à Paris (© AFP - Mathieu Genon)
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PARIS (AFP) - L'ampleur de la contestation qui a marqué le passage de la flamme olympique lundi à Paris accroît l'embarras de la diplomatie française et du président Nicolas Sarkozy, qui peinent à définir une stratégie cohérente face à Pékin sur la crise au Tibet.
La flamme olympique a traversé Paris dans une atmosphère de chaos, avec de multiples incidents provoqués par des manifestants pro-tibétains, comme la veille à Londres, entraînant finalement l'interruption du parcours avant son terme.

Ces manifestations interviennent alors que le gouvernement est aux prises avec une pression croissante de l'opinion -53% des Français sont favorables au boycott de la cérémonie d'ouverture, selon un récent sondage-, des ONG et de la classe politique, y compris dans les rangs de la droite au pouvoir.

"Les gouvernants doivent tenir compte de cette opinion publique qui est en train de se cristalliser à propos du Tibet", estime Didier Billion de l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Il rappelle l'impact politique durable qu'avaient eu en Europe les manifestations contre la guerre en Irak en 2003, même si elles n'avaient pu empêcher le conflit.

"La difficulté pour les responsables politiques français c'est qu'ils ne peuvent prendre des décisions tous seuls sans envenimer leurs relations avec la Chine", fait-il valoir. "Pour des raisons économiques, la France ne peut prendre une décision qu'au niveau européen", selon cet expert.

L'opposition socialiste a appelé le gouvernement à demander au Comité international olympique "d'agir enfin" et "de ne pas hésiter à annoncer un possible boycott si aucun signe tangible n'était donné" par le pouvoir chinois.

La pression dépasse largement les clivages politiques puisqu'une quarantaine de députés français de tous bords ont manifesté dans l'Assemblée nationale, ceints de leur écharpe tricolore, au moment du passage de la flamme.

Un député du parti du président Sarkozy, Lionnel Luca, a dénoncé une "mascarade qui n'a aucun sens".

La position diplomatique de la France, qui propose de faciliter un dialogue entre Pékin et le dalaï-lama, risque de devenir vite aussi intenable vis-à-vis du régime chinois que vis-à-vis des Français.

Ce week-end, Paris avait illustré une nouvelle fois sa difficulté à concilier droits de l'homme et réalisme diplomatique, en maintenant la menace de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO tout en démentant vouloir poser des "conditions" à la Chine.

Une interview de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, dans laquelle elle évoquait des "conditions" à la venue à Pékin du président Nicolas Sarkozy -qui présidera alors l'Union européenne- et le démenti qui avait suivi, avaient alimenté les critiques sur une "cacophonie gouvernementale".

C'est après avoir été accusé d'adopter un profil bas face au géant économique chinois que M. Sarkozy s'était décidé, le 25 mars, à laisser planer la menace de boycott de la cérémonie d'ouverture des JO, en déclarant que toutes les options étaient "ouvertes", dans l'attente d'un geste de Pékin.

M. Kouchner, l'ancien "french doctor" et avocat du "droit d'ingérence humanitaire" censé incarner la volonté de rupture du président français en matière des droits de l'homme, a appelé lundi les Français à reconnaître qu'entre droits de l'Homme et enjeux économiques "l'équilibre est difficile".

Pour tenter de sortir d'un face à face à hauts risques avec Pékin, Paris tente de susciter une attitude commune en Europe.

La France veut notamment convaincre les 27 de l'UE d'accueillir en Europe le dalaï-lama, dont les portraits étaient brandis lundi dans les rues de Paris au moment ou la flamme des Jeux de Pékin était huée.

Publié le: 07/04/2008 à 18:13:21 GMT Source : AFP
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