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Dossiers » Le PS s'enfonce dans la crise Dossiers » Le PS s'enfonce dans la crise
La tentation sécessionniste, une aventure politique périlleuse
Charles Pasque en meeting pour les européennes le 10 février 1999 à Paris (© AFP/Archives - Vanina Lucchesi)
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PARIS (AFP) - Alors que le PS se déchire entre partisans de Martine Aubry et Ségolène Royal, le risque que l'une ou l'autre claque la porte du parti paraît mince, ce type d'aventure ayant le plus souvent conduit à une impasse, estiment plusieurs analystes politiques.
"C'est simple, je n'ai pas le souvenir d'un seul succès durant la Vème République", tranche le constitutionnaliste Guy Carcassonne.

Qu'ils s'appellent Charles Pasqua, Jean-Pierre Chevènement, ou Bruno Mégret pour les plus connus, ils sont quelques hommes politiques à s'être sentis pousser des ailes avant de déchanter plus ou moins rapidement.

Aujourd'hui, des hommes comme Jean-Luc Mélenchon à gauche ou Nicolas Dupont-Aignan à droite tentent aussi l'aventure en solo.

"Quitter un parti est une opération à très haut risque. Ce que représente l'appareil partisan en termes humains, logistiques et financiers est extraordinairement déterminant", avance Dominique Reynié, professeur à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris.

"Dans le système de la Vè République il ne suffit pas d'exercer un leadership personnel, il faut aussi une implantation parlementaire, des élus. Cela va de pair avec un parti", renchérit Guy Carcassonne. Parfois, un premier succès électoral survient, qui fait croire à des lendemains qui vont chanter.

"Aux européennes de 1999, Charles Pasqua (cadre historique du RPR, il avait fondé le RPF avec Philippe de Villiers, NDLR) avait obtenu un très bon score (13%), arrivant deuxième derrière la liste conduite par le PS", rappelle Philippe Braud, également professeur à Sciences Po. "C'était oublier que les européennes sont un scrutin tout à fait à part, presque une parenthèse dans la vie politique française", ajoute-il.

Un an après ce succès, Philippe de Villiers quittait le mouvement miné par les querelles de personnes. Et en 2002, le RPF essuyait un cuisant échec aux législatives, ne gagnant que deux députés.

"Sous la IVème République, où régnait la proportionnelle, les sécessions étaient légion: on créait sa liste et on était sûr d'avoir quelques élus. Avec le système majoritaire, le dissident a beaucoup de mal, car les électeurs du grand parti lui font payer cher son départ", dit encore Philippe Braud.

Bruno Mégret, ancien bras droit de Jean-Marie Le Pen, parti avec fracas du Front National pour créer le MNR en 1999, peut en témoigner, qui n'a jamais réussi à installer son parti dans le paysage, malgré sa présence dans la plupart des grands scrutins. Il a fini par quitter la vie politique en mai 2008, laissant un mouvement criblé de dettes.

Autre famille politique, mêmes effets: Jean-Pierre Chevènement, parti du PS en 1993 pour prendre la tête du Mouvement des citoyens (MDC), "n'a pu survivre qu'en passant des accords avec le PS", relève Dominique Reynié. "Lorsqu'il a n'a plus eu le soutien du PS, il a perdu ses scrutins", ajoute-t-il, évoquant la perte de son mandat de député de Belfort en 2002, année où il fait 5,33% à la présidentielle.

"Quitter un parti, c'est devoir tout reconstruire, scrutin après scrutin. C'est presque suicidaire, c'est pourquoi peu se lancent et qu'à la fin, les partis sont pleins de gens qui se haïssent", ironise Dominique Reynié.

Comme lui, Philippe Braud ne voit pas l'une des deux candidates en compétition au PS quitter le parti. "Le PS a l'art de choisir le pire mais théoriquement aucune des deux factions n'a intérêt à faire sécession. Chaque camp va vouloir rester en embuscade pour déloger l'autre", prédit-il.

Publié le: 25/11/2008 à 08:22:56 GMT Source : AFP
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