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Dossiers » Rébellion au Tchad Dossiers » Rébellion au Tchad
Tchad: Washington a adressé un avertissement à Khartoum
Un soldat tchadien le 17 avril 2006 à N'Djamena sur un blindé saisi aux rebelles (© AFP - Martin Van der Belen)
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WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis ont adressé un avertissement au gouvernement soudanais pour le prévenir que tout appui aux rebelles tchadiens serait "inacceptable", a révélé lundi le département d'Etat en n'écartant pas une implication de Khartoum dans les troubles au Tchad.
Le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a déclaré que Washington n'avait "pas abouti à des conclusions définitives" sur un rôle du Soudan dans l'offensive ratée montée la semaine dernière par les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) tchadien contre N'Djamena. Mais il indiqué qu'ils n'en écartaient pas la possibilité.

"Nous avons clairement fait savoir au gouvernement du Soudan que ce genre de conduite serait à l'avenir inacceptable", a-t-il dit. Il a ajouté qu'outre les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine avaient aussi contacté des gouvernements africains pour leur rappeler les principes de non ingérence dans les affaires d'autrui. Le Soudan a rejeté les accusations de soutien au Fuc réitérées par le Tchad à nouveau lundi, qui a affirmé que Khartoum était en train de réarmer les rebelles du Front uni pour le changement.

Un responsable du département d'Etat qui a requis l'anonymat a confié à des journalistes que le gouvernement du président soudanais Omar el-Béchir avait probablement trempé dans l'offensive lancée la semaine dernière contre le président tchadien Idriss Deby Itno. Khartoum lui reproche de soutenir les rebelles du Darfour, une province de l'ouest du Soudan en proie depuis trois ans à une guerre civile sanglante.

Le Tchad a de nouveau mis en cause lundi le Soudan, l'accusant de reconstituer la rébellion en vue d'une nouvelle attaque contre N'Djamena, mais a assoupli sa position sur le contentieux pétrolier avec la Banque mondiale et sur les réfugiés soudanais. Après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Khartoum et accusé le président soudanais Omar el-Béchir de "génocide" au Darfour, le régime du président Idriss Deby Itno a affirmé cette fois que son voisin était en train de réarmer les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc).

Le ministre des Affaires étrangères tchadien Ahmat Allami, le 13 avril 2006 au Caire (© AFP/Archives - Cris Bouroncle)
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"Les Soudanais sont en train de reconstituer une nouvelle armée" de l'autre côté de la frontière et "de préparer une nouvelle boucherie", a affirmé le chef de la diplomatie tchadienne Ahmat Allami. Des sources militaires tchadiennes et la rébellion ont aussi annoncé lundi que plusieurs officiers supérieurs ont déserté depuis jeudi les rangs de l'armée pour rejoindre le Fuc. Ces officiers sont "au moins une dizaine" selon le porte-parole du Fuc Albissaty Saleh Allazam. Ce sont des "Arabes qui avaient des responsabilités au sein de l'armée". Ils ont rejoint les rebelles après l'échec de l'attaque "de peur d'être arrêtés", a expliqué de son côté l'une des sources militaires tchadiennes.

Autre signe de la tension entre les deux voisins, le Tchad a retiré dimanche sa délégation des négociations de paix sur le Darfour à Abuja (Nigeria) entre le gouvernement de Khartoum et les rébellions de la province soudanaise. La crise du Darfour est considérée par le régime tchadien comme la principale source de déstabilisation de son pays depuis 3 ans, et les camps qui accueillent 200.000 réfugiés soudanais dans l'est de son territoire comme l'un des "réservoirs" du Fuc.

Le Tchad a toutefois baissé d'un ton au sujet de ces réfugiés qu'il avait menacé vendredi d'expulser avant la fin juin. Le Haut-commissaire pour les réfugiés, Antonio Guterres a annoncé que M. Deby "a réaffirmé que les réfugiés ne seraient pas refoulés et que le Tchad respecterait les principes internationaux" concernant leur accueil.

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Le Tchad a aussi mis un bémol à ses exigences dans le conflit qui l'oppose à la Banque mondiale (BM) au sujet de l'utilisation de ses revenus pétroliers, en annonçant dimanche soir qu'il acceptait de reporter à la fin du mois sa menace de fermer son robinet de brut (200.000 barils par jour) afin de permettre une médiation des Etats-Unis. En proie à une grave crise financière exacerbée par la situation militaire, le Tchad souhaite récupérer environ 100 millions de ses pétrodollars, actuellement bloqués par la BM ou retenus par le consortium pétrolier américano-malaisien qui extrait le brut des champs de Doba (sud). Le sous-secrétaire d'Etat américain chargé des Affaires africaines, Donald Yamamoto va se rendre au Tchad à la fin mois servir notamment de "Monsieur Bons offices" dans le conflit qui oppose N'Djamena à la BM.

Publié le: 18/04/2006 à 07:27:05 GMT Source : AFP
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