| Les syndicats espèrent tirer avantage de leur soutien aux démocrates |
| DETROIT (AFP) - Les syndicats américains estiment avoir joué un rôle clé dans le succès démocrate aux élections parlementaires et espèrent désormais en récolter les fruits. |
Les dirigeants syndicaux souhaitent notamment que la nouvelle majorité démocrate s'attelle rapidement à l'épineuse question de l'augmentation du salaire minimum, prenne des mesures pour mettre un frein à l'augmentation du coût des soins médicaux et protège les emplois menacés par les délocalisations.
Selon l'AFL-CIO, la principale confédération syndicale américaine, 73% des syndiqués américains ont voté démocrate lors des élections parlementaires de mardi. Le vote des syndiqués a été décisif dans des Etats clés comme l'Ohio et la Pennsylvanie, âprement disputés par les deux camps.
Des militants syndicaux ont passé 30 millions d'appels téléphoniques et envoyé 20 millions de tracts pour convaincre les électeurs de voter démocrate, a indiqué l'AFL-CIO qui compte environ neuf millions de membres.
La victoire démocrate offre l'opportunité "de donner à tous les travailleurs américains l'accès à des soins de santé de qualité et abordables. C'est une occasion d'augmenter le salaire minimum", a affirmé James P. Hoffa, président de l'International Brotherhood of Teamsters, le syndicat des camionneurs (1,4 million de membres).
L'influence des syndicats a sensiblement diminué depuis le début de la présidence de George W. Bush en 2001 et les syndicats comptent enrayer la véritable hémorragie de leurs effectifs due notamment aux nombreuses fermetures d'usines touchées par la délocalisation.
Hoffa a expliqué que son syndicat était prêt à faire des heures supplémentaires pour appuyer le programme des "100 premières heures" mis au point par la future présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.
Ce programme prévoit notamment l'augmentation du salaire horaire minimum, fixé à 5,15 dollars depuis 1997. En marge des élections, six Etats devaient se prononcer sur une hausse du salaire minimum et tous l'ont approuvée.
Le programme prévoit également d'engager une réforme pour rendre abordables les soins de santé et faire baisser le prix des médicaments. 46 millions d'Américains n'ont aucune assurance maladie et les coûts ne cessent d'augmenter.
Ron Gettelfinger, président du syndicat des métallurgistes United Auto Workers (UAW) qui a perdu des dizaines de milliers de membres ces dernières années en raison d'une restructuration sévère dans le secteur automobile, passant de 1,5 million d'adhérents en 1979 à 557.000 aujourd'hui, estime que le résultat des élections a constitué un avertissement aux dirigeants politiques des deux camps.
"Les candidats soutenus par l'UAW et les autres syndicats ont remporté la victoire car ils ont fait campagne sur les sujets qui préoccupent les travailleurs américains: de bons salaires, des soins de santé décents, des retraites sûres et la fin d'une politique commerciale qui a fait faillite entraînant la délocalisation à l'étranger de centaines de milliers d'emplois bien payés", a-t-il dit.
"Nos militants ont travaillé dur pendant cette élection. Maintenant nous allons travailler tout aussi dur pour nous assurer que le changement de direction politique pour lequel nous avons voté sera au rendez-vous", a prévenu M. Gettelfinger.
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| Publié le: 10/11/2006 à 09:14:54 GMT |
Source : AFP |
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