| Les syndicats attendent Nicolas Sarkozy au tournant de la négociation |
| PARIS (AFP) - Les syndicats jugeront le président élu "sur les actes", mais préviennent Nicolas Sarkozy que toute précipitation ou "passage en force" sur les sujets sensibles (service minimum, retraites...) risquent de se solder par "un effet boomerang". |
Au nom de "l'indépendance syndicale", les confédérations n'ont pas pris parti pendant la campagne - à l'exception de la CGT qui a mis en garde contre la "vision ultra-libérale" d'un candidat, en visant M. Sarkozy.
Les syndicats ont dès lundi unanimement salué la forte participation comme un "succès de la démocratie", et reconnu la "légitimité" du nouveau pouvoir sorti des urnes.
Le président sera jugé "sur les actes", a prévenu le numéro un de FO Jean-Claude Mailly, pour qui tout "passage en force" sur des "dossiers sur lesquels nous serions en désaccord" conduirait à "des effets boomerang".
Pour la CGT, "la démocratie ne se réduit pas à l’expression citoyenne à l’occasion d’une élection" et "la démocratie sociale doit tenir toute sa place".
"La méthode que choisira le chef de l'Etat pour impulser les réformes" sera "déterminante", souligne la CFDT, qui insiste sur "la négociation".
Les syndicats restent échaudés par l'attitude du gouvernement Villepin, qui avait imposé le nouveau contrat CPE avant de reculer face aux manifestations.
La loi de "modernisation du dialogue social" adoptée en janvier impose désormais aux pouvoirs publics une concertation avec les partenaires sociaux avant toute réforme concernant les relations du travail.
Une loi que le candidat Sarkozy s'est engagé à respecter, lors d'une entrevue avec le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, en mars.
La mise en place d'un service minimum dans les transports en cas de grève sera un premier test. Les grands syndicats font un casus belli de l'imposition d'une loi en la matière.
Après avoir martelé avant le premier tour de l'élection son intention de légiférer "dès juin", M. Sarkozy s'est fait ensuite plus prudent, annonçant une loi "avant décembre 2007" si le ministre des Transports et les syndicats n'avaient pas trouvé d'accord sur le sujet avant "début septembre".
Ministre de l'Intérieur, il avait montré un certain pragmatisme et su jouer des rapports de forces lorsque le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lui avait demandé, au printemps 2003, d'éteindre le feu à l'Education nationale, en grève contre les réformes de décentralisation et des retraites.
M. Sarkozy avait cédé aux revendications du principal syndicat, la FSU, pour mieux refuser les demandes de l'Unsa Education, qui s'opposait aux transferts des nombreux ouvriers de l'Etat vers les collectivités locales.
Pour le politologue René Mouriaux, spécialiste du syndicalisme, M. Sarkozy dispose chez les syndicats d'"un allié, la CFDT, (qui) ne voudra pas de loi sur le service minimum dans les transports et préférera un accord paritaire".
La réforme des retraites de 2003 avait été négociée et acceptée par la CFDT. Le ministre des Affaires sociales d'alors et premier ministrable François Fillon a invité les syndicats "à constituer un pôle réformiste" dont la CFDT pourrait être "un des acteurs principaux".
Une tentative critiquée par M. Chérèque qui a accusé M. Fillon de vouloir "instrumentaliser la CFDT" et affirmé que M. Sarkozy "attaquait tout le syndicalisme" lorsqu'il "visait la CGT" sur le service minimum.
"Il y aura des réticences et la division syndicale va jouer à fond", prévoit toutefois M. Mouriaux, qui pense que "la CGT va être tiraillée" entre tendance au compromis et opposition plus radicale.
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| Publié le: 07/05/2007 à 13:56:06 GMT |
Source : AFP |
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