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Le sursaut de la gauche éloigne le spectre d'une crise violente au PS
Le vote PS par départements au 2e tour des législatives (© AFP/Infographie)
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PARIS (AFP) - Le second tour des élections législatives a confirmé dimanche la défaite des socialistes à la présidentielle le 6 mai, mais le sursaut de l'entre-deux-tours pourrait éloigner le spectre d'une crise violente au PS à court terme.
La soirée a toutefois été marquée par un coup de tonnerre avec la divulgation d'un livre dans lequel l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal annonce sa séparation avec son compagnon et numéro 1 du PS François Hollande et officialise son intention de briguer à terme la tête du parti.

Les principaux responsables socialistes se sont refusés à commenter une affaire "privée", mais la donne politique interne en sera clairement affectée.

Avec 202 à 210 élus, contre 319 à 329 à l'UMP, les socialistes sont parvenus à éviter la débâcle prophétisée après un 1er tour où ils avaient recueilli 28% des voix (PRG et divers gauche inclus), gagnant même une cinquantaine de sièges sur 2002.

La droite est néanmoins assurée d'une majorité absolue. "Il y a une majorité, je le reconnais", a déclaré François Hollande, confirmant d'autre part qu'il comptait rester à la tête du parti jusqu'en 2008.

Ségolène Royal s'est félicitée de l'émergence d'une "vraie force d'opposition constructive" et Laurent Fabius, réélu en Seine-Maritime, a salué "un rebond spectaculaire du PS et de la gauche".

Pas question néanmoins pour les socialistes de pavoiser. "La réalité de ce que pensent les Français est dans le 1er tour de la présidentielle", le 23 avril, affirmait le strauss-kahnien Laurent Baumel. "Une correction", pas une inversion, admettait le choeur des responsables. "On n'a pas gagné", affirmait la sénatrice Bariza Khiari.

L'un des chefs de file de la rénovation au PS, le député Gaëtan Gorce, a réclamé un "changement de direction" à la tête du parti et le départ de François Hollande. Selon lui, "la logique politique comme le simple bon sens exigent qu'après ce second échec en cinq ans, notre Premier secrétaire se retire et que s'ouvre une nouvelle phase".

Dimanche soir, sa voix apparaissait cependant isolée. Très en pointe depuis le 6 mai pour impulser de profonds changements internes, le député Manuel Valls a seulement rappelé l'"immense exigence de renouvellement" imposée par le résultat.

Dans l'atmosphère de soulagement général qui régnait au QG du parti avant que l'annonce de Ségolène Royal ne brouille les cartes, les partisans de François Hollande, de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn estimaient tous qu'il fallait engager sans tarder "la rénovation" du parti.

"Le résultat renforce le PS et lui permet d'ouvrir le chantier de la rénovation indispensable, avec un calendrier maîtrisé", a réaffirmé le numéro un socialiste, pour qui les échéances "doivent être respectées". Inutile donc d'avancer le congrès théoriquement prévu à l'automne 2008.

Selon Claude Bartolone, "lieutenant" de Laurent Fabius, "il faut fixer un calendrier pour montrer qu'on veut bouger tout de suite et aller au fond des débats". Les proches de l'ex-Premier ministre ont jugé essentielle sa contribution au sursaut, pour avoir contraint la majorité à dévoiler ses intentions sur la TVA. "Merci, Laurent Fabius", confiait le sénateur Jean-Luc Mélenchon.

Proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis a estimé qu'avec la tenue relativement bonne du PS, "le climat va être décrispé". Si le résultat avait été catastrophique, au conseil national de samedi "cela aurait frisé l'émeute", a-t-il jugé. "On est moins sous pression", a renchéri son ami Laurent Baumel. "Ce soir, c'est Fillon qui fait la gueule", affirmait-il.

Publié le: 17/06/2007 à 22:11:17 GMT Source : AFP
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