| Soutiens de Borloo et Dati pour celui qui pourrait être le 1er député maghrébin depuis 1962 |
| ROUBAIX (AFP) - Le candidat UMP aux législatives dans la 8e circonscription du Nord, Salem Kacet, dispose d'appuis de poids: en deux jours, deux ministres, Jean-Louis Borloo et Rachida Dati, sont venus soutenir celui qui pourrait devenir dimanche le premier député maghrébin depuis l'indépendance de l'Algérie. |
"Nous sommes cette France d'aujourd'hui", s'est félicitée jeudi à Roubaix la ministre de la Justice aux côtés de Salem Kacet, un cardiologue né en Kabylie il y a 55 ans.
"Il est important qu'il n'y ait pas toujours les mêmes, qui se ressemblent tous et qui parlent souvent pour les autres" à l'Assemblée nationale, a poursuivi Mme Dati, fille d'un couple modeste algéro-marocain et devenue elle-même un symbole lors de sa nomination au gouvernement.
A Roubaix-ouest, où Salem Kacet affronte dimanche au second tour des législatives le socialiste Dominique Baert, les électeurs ont une occasion "historique" d'élire un député maghrébin, avait déjà martelé la veille le ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, estimant que "Salem Kacet député de la 8e circonscription du Nord, dans 30 ans, on en (parlerait) encore".
Vantant lui aussi la "vraie nouvelle France" issue de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo avait plaidé mercredi en faveur de l'élection de M. Kacet.
Ce dernier a été adjoint chargé de la santé à la mairie de Roubaix pendant six ans après avoir siégé parmi les seize "sages" de la commission chargée d'étudier une réforme du code de la nationalité, installée en 1987 par Jacques Chirac, alors Premier ministre.
"Il est rare que la représentation et la légitimité aillent ensemble, (l'élection de Salem Kacet) serait un formidable clin d'oeil à la représentation", pour M. Borloo.
Au premier tour, dans cette circonscription qui compte de nombreux électeurs issus de l'immigration, sept des treize candidats étaient originaires d'Afrique du Nord. Salem Kacet, arrivé en deuxième position derrière M. Baert, avec 36,62% des voix contre 37,77%, peut l'emporter au second tour.
Les deux hommes veulent succéder à Gérard Vignoble, député UDF sortant proche de François Bayrou, qui a refusé de se présenter face à M. Kacet, son cardiologue qui lui a "sauvé la vie".
Fier de ses origines --il a quitté la Kabylie à 8 ans pour vivre avec son père, ouvrier chez Citroën à Clichy, et pouvoir ainsi "aller à l'école"-- M. Kacet refuse en revanche d'être une caution ou un alibi. "La caution de quoi?", demande-t-il. "Je suis un homme libre, je n'ai pas besoin de la politique pour vivre", avance-t-il.
"Ce que je suis devenu, ce que tu es devenue, nous le devons, certes à nos parents, mais aussi à l'école laïque et républicaine", a déclaré jeudi M. Kacet à l'adresse de Mme Dati, évoquant sa "fierté" de la voir à la tête d'un ministère régalien.
"Je veux essayer de rendre ce qu'on nous a donné, c'est le sens de mon engagement à Roubaix", a-t-il poursuivi, en soulignant que lui-même et la ministre de la Justice étaient des "enfants d'analphabètes".
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| Publié le: 14/06/2007 à 17:55:11 GMT |
Source : AFP |
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