| Les sondeurs n'ont pas pu mesurer l'ampleur du ressac favorable à la gauche |
| PARIS (AFP) - Les instituts de sondage, qui avaient annoncé une très forte vague bleue sur la base des résultats du premier tour des législatives, n'ont pu mesurer avant le second tour l'ampleur du ressac dont a bénéficié la gauche. |
Ils ont certes remonté légèrement à la hausse entre les deux tours le nombre de sièges qu'ils attribuaient au PS le 10 juin et réduit ceux promis à l'UMP mais aucun n'avait prévu que le PS aurait plus de députés que dans l'Assemblée sortante (190 contre 149) et l'UMP moins (318 contre 359).
La projection quotidienne Ipsos accordait vendredi soir 140 à 175 sièges au PS et à ses alliés contre 120 à 170 le 10 juin et 358 à 395 à l'UMP et ses alliés, hors Nouveau centre, contre 360 à 420.
La dernière Sofres (12 et 13 juin) tablait sur 125 à 155 PS-DVG contre 100-140 le 10 juin et 380 à 410 UMP-DVD contre 385 à 425.
Enfin CSA, qui tablait sur 60 à 90 députés PS et alliés seulement le 10 juin ainsi que sur 440 à 470 élus UMP et alliés (y compris Nouveau centre) tablait les 13 et 14 juin sur 95 à 130 PS et 420 à 463 UMP.
Les sondeurs ont donc bien prévu la nette victoire de l'UMP, qui paraissait naturelle compte tenu du mode de scrutin majoritaire pour une formation ayant obtenu 39,54% des voix au premier tour, mais en ont largement surestimé l'ampleur en nombre de sièges.
"On a la tendance nettement, mais l'ampleur de la tendance, on ne l'a pas", reconnaît Emmanuel Rivière (Sofres).
A la décharge de deux des trois sondeurs (CSA et Sofres), leurs dernières projections ont été faites en milieu de semaine alors que la polémique sur la TVA sociale n'avait pas encore produit tous ses effets.
L'évocation d'une possible hausse de la TVA, qui affecte plus les pauvres que les riches, a pu rappeler le mauvais souvenir du relèvement de deux points décidé par Alain Juppé en 1995.
"La TVA sociale a brouillé le message du gouvernement, refabriqué du clivage gauche-droite et réveillé certains abstentionnistes", estime Frédéric Dabi (Ifop).
Un "vrai couac", "car la TVA est un impôt auquel on est sensible, en particulier dans les catégories populaires", selon M. Rivière.
Autre explication politique pour cette "correction nette", sans précédent depuis les municipales de 1983 selon l'Ifop: la vague bleue annoncée a pu démobiliser un certain nombre d'électeurs à droite, certains de la victoire de leur camp, et remobiliser au contraire des électeurs de gauche.
"Même s'il y a eu le même nombre de votants" (environ 60%), "tout porte à croire que le corps électoral n'a pas été le même" les 10 et 17 juin, résume M. Rivière.
Ce qui implique des difficultés techniques supplémentaires pour les projections établies "à partir des résultats du premier tour", souligne-t-il, rappelant qu'"un ou deux points de différence peuvent faire basculer des sièges par dizaines".
L'élection législative serait ainsi devenue selon lui "une élection à oscillation plus violente, comme toutes les élections auxquelles les Français accordent moins d'importance et à forte abstention".
La "vraie élection fondamentale et structurelle" est ainsi aujourd'hui la présidentielle, relève M. Rivière.
Et après la correction, au second tour des législatives, "on est plus proche de l'équilibre du 6 mai que du 10 juin", conclut le sondeur.
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| Publié le: 18/06/2007 à 13:50:59 GMT |
Source : AFP |
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