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Dossiers »  Tunisie: l'après Ben Ali Dossiers » Tunisie: l'après Ben Ali
Quand Slim404 twitte le premier conseil des ministres en Tunisie
Le secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports Slim Amanou, arrive au Conseil des ministres à Tunis le 20 janvier 2011. (©  - Fethi Belaid)
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TUNIS (AFP) - "C'est jouissif d'écouter le ministre de la justice lire le mandat d'arrêt commencant par le nom de Ben Ali" le blogueur Slim Amamou, secrétaire d'Etat à la Jeunesse, faisait jeudi le compte-rendu du premier conseil du nouveau gouvernement... en direct sur twitter!.
Emprisonné pendant la "révolution du jasmin" pour ses activités de cyberdissident et libéré à la veille de la fuite de Ben Ali, Slim Amamou fait vivre, sous le compte @slim404, les premiers pas du nouveau gouvernement depuis sa nomination lundi soir... évidemment annoncée sur twitter.

Le tout pour le bonheur de ses milliers de fans qui le suivent (8.000 abonnés à son compte jeudi après-midi) en Tunisie et ailleurs et n'en revenaient pas de suivre en direct le conseil des ministres minute par minute et de dialoguer avec lui.

"Hahaha. Il y a un juriste pirate qui s'est installé sur la table des ministres. Personne n'y a vu que du feu", twitte-t-il. "Si j'ai bien compris le ministre de l'Economie, on a perdu 3% du PIB à cause de vos conneries", lance-t-il à ses fans, parmi lesquels de nombreux manifestants.

"Slim n'est pas un secrétaire d'Etat, c'est un espion", s'enthousiasme l'un d'eux.

Le blogueur avait prévenu. "On s'est mis d'accord qu'il faut communiquer. Je suis à l'intérieur, je vais vous dire tout ce qui se passe", avait-il twitté peu après sa nomination.

Un de ses premiers twitts comme ministre évoquait d'ailleurs le "premier clash de la part des rcdistes (membres du RCD, le parti de Ben Ali) sur le fait que je ne porte pas de cravate".

Jeudi matin, Slim404 raconte avec humour son arrivée difficile à son ministère. "Je savais pas où était le ministère, j'ai demandé à un passant, il m'a accompagné jusqu'à la porte". Et devant le ministère une manifestation l'accueille.

"Les fonctionnaires de mon ministère ne veulent pas du gouvernement, y compris moi et mon ministre (de tutelle)", twitte-t-il.

L'un des objectifs de cet informaticien de 33 ans, est de former le nouveau gouvernement à la communication sur internet. Mission déjà en partie réussie si on l'en croit, à propos de Sami Zaoui, secrétaire d'Etat aux technologies de la communication. "Sami Zaoui sec. Etat TIC est maintenant sur Twitter".

Slim Amamou a refusé de démissionner du gouvernement, après le départ de quatre ministres issus de l'opposition, mardi. "Au sujet des anciens ministres de Ben Ali, il faut être réaliste quand même. Si vous voulez des gens qui ont du métier et savent ce qu'ils font, il faut faire appel à ces personnes", a-t-il expliqué dans des interviews.

Mais il est déjà conscient que sa liberté de ton risque de faire des vagues. "I won't last long in the govt. anyway. I'm not here to build a career" (je ne durerai pas longtemps au gouvernement. De toute façon, je ne suis pas là pour faire une carrière), twitte-t-il à un internaute anglophone.

Publié le: 20/01/2011 à 18:18:24 GMT Source : AFP
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