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Le SIS, au coeur de la sécurité de l'espace Schengen
Vue extérieure du SIS le 4 décembre 2007 à Strasbourg (© AFP - Olivier Morin)
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STRASBOURG (AFP) - Dans un quartier résidentiel de Strasbourg, derrière de hauts grillages et des caméras de surveillance, un bâtiment anonyme abrite dans ses sous-sols le maillon central de la coopération policière européenne, le "Système d'information Schengen" (SIS).
En apparence, rien de très spectaculaire: le SIS n'est qu'un serveur informatique, "un support technique", selon le commissaire Bernard Kirch, responsable du site depuis sa création en 1995.

Mais si son accès est très sécurisé, avec prise d'empreintes digitales, c'est qu'il contient 22 millions de données sur les personnes recherchées, disparues ou non-admissibles dans l'espace Schengen, de même que sur les objets volés (véhicules, armes, documents d'identité, billets de banque).

Lorsque les sept premiers pays de l'espace Schengen (Benelux, France, Allemagne, Espagne et Portugal) ont aboli les contrôles aux frontières en 1995, ils ont en effet en contrepartie renforcé leur coopération policière.

"Le SIS est une frontière électronique", résume M. Kirch. Il repose sur une architecture en étoile, composée d'une unité centrale strasbourgeoise (le C-SIS) à laquelle sont connectées en permanence les bases nationales des Etats membres, au contenu identique.

Vue extérieure du SIS le 4 décembre 2007 à Strasbourg (© AFP - Olivier Morin)
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Par exemple, après un hold-up en Allemagne, les policiers mettent les données à leur disposition (numéro de billets de banque, plaque du véhicule des malfaiteurs, etc) dans leur base et "en moins de cinq minutes l'information est répercutée par le C-SIS vers les autres Etats", explique M. Kirch.

En France, policiers, gendarmes, douaniers, agents consulaires ou des services préfectoraux ont ainsi recours quotidiennement au SIS. Un gendarme peut, lors d'un contrôle routier, interroger avec son terminal d'ordinateur sa base nationale qui lui indiquera alors la conduite à tenir, comme l'arrestation ou la mise sous surveillance du suspect.

Mais l'information dans le SIS étant succincte (noms des personnes, motif du signalement, conduite à tenir, etc), chaque Etat membre a établi un bureau "Sirene", qui détient les dossiers sur les personnes ou objet signalés et prend le relais de l'opération.

"Le Sirene, c'est l'interface humaine, le point de contact de la coopération policière européenne", souligne M. Kirch. Sur les 22 millions de données du SIS, environ 75% sont des documents délivrés (cartes d'identité, permis de conduire, passeports) qui ont été volés, détournés ou égarés; 13% sont des véhicules et 5% des personnes.

Ces données sont conservées trois ans pour les personnes, cinq ans pour les véhicules et dix pour les documents. Un mois avant la péremption de la donnée, le système avertit l'Etat membre responsable qui peut la prolonger. Chaque Etat est responsable de ses données et peut seul corriger les erreurs éventuelles.

En prévision de l'élargissement de Schengen aux pays d'Europe centrale, l'UE avait décidé de lancer le SIS II, un projet technologiquement ambitieux incluant le stockage de données biométriques (empreintes digitales et photographie) et de nouvelles informations (immatriculations des bateaux, des aéronefs, des conteneurs, chèques ou cartes de crédit volés)

Mais ce projet a connu de nombreux problèmes (annulations d'appels d'offres, sous-estimation des difficultés techniques et juridiques) et a pris un retard tel qu'il menaçait l'élargissement de l'espace Schengen à la fin de cette année, une perspective inacceptable pour les nouveaux Etats membres.

Aussi une solution technique a-t-elle été trouvée pour pouvoir connecter les nouveaux venus au SIS actuel en attendant la mise en service du SIS II, repoussée à fin 2008 et plus vraisemblablement mi-2009 selon des diplomates.

Publié le: 20/12/2007 à 11:04:03 GMT Source : AFP
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