| Séisme en Indonésie: la mission des humanitaires sera longue |
| JAKARTA (AFP) - Le traitement des blessés du violent séisme qui a fait près de 4.300 morts en Indonésie est la priorité des agences humanitaires mais la raréfaction de l'eau potable et les problèmes d'herbergement posent un défi à plus long terme. |
"Evidemment, la priorité absolue pour l'instant est de soigner les blessés", a indiqué à l'AFP le porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) John Budd.
"Il y a trois hôpitaux à Bantul et cinq à Yogyakarta -- tous sont débordés et ils ne sont plus en mesure de traiter la moindre blessure", a souligné le responsable qui estime à 20.000 le nombre de blessés.
Un journaliste de l'AFP a pu voir plusieurs centaines d'entre eux profondément choqués, entassés dans l'hôpital catholique Panti Rapih de Yogyakarta incapable de gérer cet afflux.
Selon Anton Susanto, un membre de l'équipe de l'Unicef chargé d'évaluer l'étendue du sinistre, entre 30 et 40% des blessés sont des enfants. La plupart souffrent de traumatismes crâniens ou de fractures aux membres.
"On a partout des gens allongés", a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone.
Barry Came, responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies à Jakarta, a annoncé dimanche l'envoi d'un avion transportant deux tonnes d'aide médicale depuis la province d'Aceh, sur l'île de Sumatra.
Au-delà du besoin urgent de nourriture et de médicaments, les humanitaires avertissent du risque posé par la raréfaction des produits de première nécessité et surtout de l'eau potable.
Selon John Budd, seuls six des douze systèmes d'approvisionnement en eau fonctionnent correctement dans le district de Bantul, qui a payé le plus lourd tribut au séisme. L'Unicef, en lien avec les autorités locales, tente actuellement de les remettre en service.
L'autre défi majeur consiste à fournir un abri aux sinistrés qui ont déjà passé une nuit à la belle étoile ou sous des bâches improvisées.
La Croix-Rouge internationale a évalué à 200.000 le nombre de sinistrés déplacés par la catastrophe.
"Il y a nettement plus de 4.000 foyers détruits", estime M. Budd. "40 % des déplacés sont des enfants et 15% d'entre eux ont moins de cinq ans, ce qui représente une grosse difficulté pour nous".
Anton Susanto, qui a pu se rendre sur les zones rurales très touchées au sud de Yogyakarta, a pu constater le manque criant d'abris: "Les gens vivent toujours dans des camps de fortune s'abritant sous des tentes de drap ou tendues avec des vêtements, avec tout ce qu'ils ont réussi à sauver de leurs maisons".
"Ils sont terrorisés à l'idée de se trouver près d'un bâtiment", ajoute-t-il.
L'Unicef espère distribuer dimanche avant la tombée de la nuit une centaine de tentes familiales et un millier de bâches de toile, ainsi que 1.000 kits de cuisine et 9.000 kits d'hygiène.
Autant de défis qui inscrivent le mandat des agences humanitaires à Yogyakarta dans la durée. "Etant donnés les chiffres de la Croix-Rouge sur le nombre de déplacés, je pense que l'on peut dire que cela risque de prendre plusieurs mois", estime Barry Came.
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| Publié le: 28/05/2006 à 09:46:22 GMT |
Source : AFP |
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