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PS: Ségolène Royal, l'audace à toute épreuve
La présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, le 16 novembre 2008 à Reims (© AFP/Archives - Francois Guillot)
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PARIS (AFP) - La présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, 55 ans, qui veut succéder à François Hollande à la tête du PS, est une personnalité politique hors normes, dont on souligne volontiers l'audace et la volonté de fer.
L'ex-candidate à la présidentielle a bousculé le Congrès de Reims, qui s'est tenu dans la division et les déchirements, en annonçant dès le début des travaux sa candidature au poste de premier secrétaire.

Prenant ses rivaux de vitesse, elle en a profité pour faire savoir que si elle était élue jeudi par les militants, elle nommerait Vincent Peillon "premier secrétaire délégué". Ce qui permettrait à la "dame blanche" de prendre de la hauteur, dans la perspective d'une candidature à l'Elysée en 2012.

Ce qui fait la force de cette Lorraine élevée à la dure, c'est d'abord de croire en elle-même. Et en son destin national, malgré les ricanements et les haussements d'épaules. "Je ne crains rien, je trace ma route", répète-t-elle.

Ségolène Royal ne prend de précautions ni avec la droite, qui s'étrangle régulièrement devant ses emportements contre "le pouvoir en place", ni avec son parti, snobant parfois ses réunions, préférant délivrer son message aux journalistes.

Le PS qu'elle veut aujourd'hui dompter, elle l'a souvent bousculé et éreinté: une machine "lourdingue", dira-t-elle après la campagne présidentielle. Elle "n'a pas le sens du travail collectif", entend-on rue de Solférino comme un refrain, elle "fait les extérieurs", passant outre les prises de position du parti, elle qui réclame pourtant "de la discipline".

Elle joue les militants contre l'appareil, tout en s'assurant du soutien de fédérations symboles du "vieux parti" comme les Bouches-du-Rhône et l'Hérault.

Cette femme belle, élégante et souriante veut faire de l'opinion le vecteur de ses conquêtes, au risque d'être accusée de populisme.

En ces temps de disette du pouvoir d'achat, elle cloue au pilori banques et compagnies pétrolières qui "s'enrichissent avec l'argent des petits", et défile avec les salariés de la CAMIF montés de Niort à Paris.

De ses "17 millions de voix" amassées au second tour de la présidentielle, Ségolène Royal a fait un capital politique durable.

C'est la personnalité la plus populaire dans l'électorat de gauche. Fille d'officier issue d'une famille de huit enfants, elle a une longue carrière politique: députée des Deux-Sèvres de 1988 à 2007, trois fois ministre, présidente de la région Poitou-Charentes depuis 2004.

Cette énarque rompt avec la novlangue socialiste en prêchant qu'il faut "s'aimer les uns les autres", fait de chaque citoyen "un expert", anime des réunions "participatives".

Sa campagne l'a fait mûrir: plus solide dans ses interventions médiatiques, elle connaît mieux les dossiers. Presque seule lorsqu'elle s'impose comme candidate socialiste à l'Elysée, elle a depuis tissé sa toile et s'est entourée d'une équipe de jeunes responsables politiques.

Avec un sens tactique consommé, Mme Royal surjoue de son statut de victime des caciques socialistes, affirmant la main sur le coeur qu'elle "ne fait jamais d'attaques personnelles".

Ce qui n'empêche pas des mots cruels contre son ex-compagnon, François Hollande. Ni la présentation de ses rivaux comme des figures du passé et du "vieux parti", elle qui est dans le sérail depuis plus de 20 ans.

Elle n'a pas son pareil pour surgir quand on ne l'attend pas. En difficulté, elle s'attire la reconnaissance en mettant "au Frigidaire" sa candidature à la direction du parti, se contente de quelques réunions de campagne interne, pour revenir en force au soir du vote des militants.

Publié le: 19/11/2008 à 08:33:19 GMT Source : AFP
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