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Ségolène Royal, un style politique nouveau qui bouscule et hérisse
Ségolène Royal au Congrès PS à Reims le 16 novembre 2008. (© AFP - Francois Guillot)
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REIMS (AFP) - Adulée ou détestée par les militants socialistes, applaudie ou sifflée comme au congrès de Reims, Ségolène Royal a imposé un style politique nouveau, qui bouscule, hérisse et ne laisse personne indifférent.
C'est une carte postale déposée dans la salle de presse du congrès par un anonyme qui susurrait: "C'est le sourire de l'ange de Reims". Au verso, une photo en noir et blanc de l'ex-candidate à l'Elysée.

Un témoignage parmi d'autres du culte que suscite celle que les médias ont surnommée "la Madone", ou "la Dame en blanc".

Samedi devant les congressistes de Reims, Mme Royal, 55 ans, a puisé une nouvelle fois dans le registre moral, voire religieux, évoquant pardon des offenses et résurrection des morts, face à la désunion et aux déchirements des socialistes.

"Il nous faut prendre soin de notre parti. Il va falloir nous guérir, il faut nous soigner de toutes ces petites et grandes blessures que nous nous sommes infligées, de tous ces chagrins, parfois de ces offenses. Il va falloir les oublier, les effacer, un jour nous les pardonner", a-t-elle déclaré.

Même veine à la fin de son intervention: "Levons-nous, vertu et courage, car nous rallumerons tous les soleils, toutes les étoiles", a-t-elle lancé, sous les ovations et les sifflets.

"La politique, c'est la vie, le mouvement, c'est la politique autrement, c'est s'autoriser des libertés, ça correspond aussi à ce qu'attend le public", avait déclaré Mme Royal après son très controversé rassemblement au Zénith le 27 septembre, où elle avait mêlé discours politique et artistes de variété.

Mélanger politique et spectacle est "aussi un choix", et "ceux qui sont surpris vont devoir s'habituer", avait-elle ajouté.

Ce soir-là, devant 4.000 personnes, elle avait fustigé le système financier "en folie" entre des prestations des chanteurs Cali, Ridan, Hervé Vilard...et fait scander par la salle le mot "fraternité".

Le député socialiste Henri Emmanuelli avait aussitôt condamné une prestation "entre le show business et le rassemblement de secte".

Pour le sociologue Dominique Wolton cependant, "elle essaye de faire bouger les lignes et fout un sacré coup de vieux à ses collègues".

Mais, ajoute-t-il, il arrive, qu'elle "suscite le rejet, parce que sans s'en rendre compte, elle sort des lignes comme d'une certaine manière de Gaulle ou Mitterrand sortaient des lignes".

De sa campagne pour la présidentielle, de nombreuses formules de cette énarque qui rompt avec la rhétorique socialiste sont restées célèbres: la "bravitude" sur la muraille de Chine ou le "aimons-nous les uns les autres" du rassemblement de Charléty entre les deux tours.

Formules auxquelles on pourrait ajouter l'une de celles de Reims: "nous finirons bien par nous aimer..."

Publié le: 16/11/2008 à 11:37:48 GMT Source : AFP
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