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Sarkozy veut enrôler l'Asie dans sa réforme du système financier
Nicolas Sarkozy et Jose Manuel Barroso le 15 octobre 2008 à Bruxelles (© AFP/Archives - Dominique Faget)
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PARIS (AFP) - Désormais assuré du soutien des Etats-Unis à un sommet international sur la crise financière, Nicolas Sarkozy va tenter ce week-end à Pékin de rallier l'ensemble des pays asiatiques, Chine en tête, à sa croisade en faveur d'une "refondation" du capitalisme.
Après Québec et Camp David (Etats-Unis) la semaine dernière, la caravane du président en exercice de l'Union européenne (UE), flanqué du patron de la Commission européenne José Manuel Barroso, fait étape vendredi et samedi dans la capitale chinoise pour un sommet Europe-Asie (Asem) qui tombe à pic.

Partisan convaincu de l'élargissement de l'actuel G8 à un G13 ou un G14 incluant les pays émergents, Nicolas Sarkozy compte bien profiter de la réunion de ce "club" pour arrimer définitivement les deux poids-lourds du continent asiatique à son "nouveau Bretton Woods".

"Il faut associer la Chine et l'Inde à ce débat essentiel, et ce sera tout l'objet (...) du déplacement que nous faisons en Chine", a répété mardi le président français à la tribune du Parlement européen. "Qui peut penser que l'on peut inviter la Chine et l'Inde, 2,3 milliards d'habitants, sans leur donner le droit à la parole? La Chine et l'Inde sur un strapontin ? Je pense qu'ils doivent être invités comme des partenaires incontournables et essentiels du sommet international", a-t-il estimé.

A l'appui de sa démonstration, Nicolas Sarkozy a rappelé que la Chine était à la tête de fonds souverains susceptibles d'investir dans le monde entier. Quant à l'Inde, elle sera bientôt "la première puissance démographique au monde", a-t-il relevé. "Il est normal de les associer à la refondation du système", a-t-il insisté.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a d'ores et déjà donné son accord à la participation de son pays à la "série" de réunion d'un G8 élargi prévue à partir du mois prochain. Et la Chine devrait faire officiellement de même lors du sommet de l'Asem, se félicite-t-on à Paris. Après avoir un temps espéré y échapper, les deux locomotives économiques asiatiques sont désormais toutes les deux victimes des remous de la crise financière née aux Etats-Unis, fait-on également remarquer à l'Elysée.

Très dépendante de ses exportations, la Chine a annoncé lundi un produit intérieur brut (PIB) en hausse de "seulement" 9% au troisième trimestre 2008, son plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2003. Et le chef du gouvernement indien vient d'admettre publiquement qu'il se préparait à un "ralentissement temporaire" de son économie.

"Ces deux pays voient maintenant arriver les effets de la crise financière", note un proche de Nicolas Sarkozy, "ils sont donc directement intéressés par ce qu'on a à leur dire sur les moyens d'y faire face".

La réunion de l'Asem va donc permettre à l'UE, pour la première fois depuis le début de la tourmente financière, d'engager un dialogue avec l'Asie sur le diagnostic de la crise et la réponse à y apporter.

"On ne sait pas comment la Chine va se positionner dans ce débat", indique un conseiller du président français. "Il n'est pas sûr que le président chinois Hu Jintao signe en bas de page un texte concernant la refondation du capitalisme", ajoute-t-il. Mais en l'invitant à participer au débat sur les leçons à tirer de la tempête financière, la France espère au moins que le continent asiatique jouera son rôle dans la reprise de l'économie mondiale. "Il faut que le moteur asiatique tire la croissance mondiale", espère-t-on à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy devrait donc consacrer l'essentiel de son séjour chinois à la crise, et aura l'occasion d'en discuter en particulier avec son homologue chinois, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono et le nouveau Premier ministre japonais Taro Aso.

Publié le: 22/10/2008 à 09:44:11 GMT Source : AFP
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