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Dossiers » Un an de présidence Sarkozy Dossiers » Un an de présidence Sarkozy
En un an, Sarkozy a remodelé le paysage politique
Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner le 3 avril 2008 à Bucarest (© AFP/Archives - Eric Feferberg)
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PARIS (AFP) - Ouverture à gauche, réduction du centre, contrôle de l'UMP: afin de mener sans entrave sa politique de réformes, Nicolas Sarkozy s'est efforcé, en un an, de remodeler le paysage politique, quitte, parfois, à désorienter les Français, et jusque dans son propre camp.
L'ouverture vers la gauche, promise par le candidat Sarkozy à la recherche de "la meilleure équipe pour la France", a été menée avec succès par le président, avec l'arrivée au gouvernement de personnalités appréciées des Français, comme Bernard Kouchner (Affaires étrangères) ou Martin Hirsch (lutte contre la pauvreté).

Décriée par le Parti socialiste, qui a dénoncé un "débauchage", cette ouverture a été largement approuvée par les électeurs qui ont renouvelé leur confiance à la droite aux législatives - bien que sa victoire ait été nettement moins large qu'espérée.

Elle a néanmoins provoqué des mouvements d'humeur dans le parti majoritaire dont le secrétaire général Patrick Devedjian a ironisé sur une "ouverture" qu'il souhaitait voir aller "jusqu'aux sarkozystes". Mais elle a finalement été admise par lui. L'UMP l'a à son tour pratiquée lors de municipales perdues par la droite, mais moins sévèrement que redoutée.

"Cette politique d'ouverture a été un coup très habile au départ, dans la mesure où elle a permis un rééquilibrage politique de l'image de Nicolas Sarkozy", qui montrait ainsi "son absence de sectarisme", analyse le politologue Jean-Luc Parodi.

Mais "ça n'a qu'un temps", ajoute le même. "Une fois que c'est fait", ce qui apparaît, c'est le caractère "excessivement personnel" que M. Sarkozy a donné à la fonction présidentielle, ajoute-t-il, en soulignant la nette baisse de popularité de ce dernier (79% de mécontents de son action sur un an, selon un sondage IFOP).

Cette "personnalisation" du pouvoir par M. Sarkozy qui, au moins pendant ses six premiers mois de présidence, a été sur tous les fronts, reléguant son Premier ministre François Fillon au rang de "collaborateur", s'est également traduite dans sa manière de garder la haute main sur le parti majoritaire.

Une fois à l'Elysée, M. Sarkozy, qui avait su faire de l'UMP - et contre l'ex-président Jacques Chirac - une "machine à gagner" tout entière dévouée à sa cause, en a immédiatement supprimé la règle principale: l'élection d'un président par l'ensemble de ses adhérents.

"Il n'était pas question pour lui de laisser arriver un contre-leader à la tête du parti majoritaire pouvant constituer une menace" pour le président qu'il était devenu, traduit M. Parodi.

Exit le président de l'UMP. Place à une direction collégiale où M. Devedjian s'est récemment vu adjoindre deux secrétaires généraux adjoints (les ministres Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet) et trois porte-parole, tous proches du chef de l'Etat.

Par ailleurs, après avoir favorisé l'asphyxie de l'extrême droite - le FN est assommé depuis les législatives -, le chef de l'Etat s'est efforcé de réduire la surface politique du centre. Il a encouragé la création du Nouveau centre, faisant de son chef de file Hervé Morin son ministre de la Défense, et tentant de fragiliser le président du MoDem François Bayrou. Ce dernier dénonçait récemment encore une "manoeuvre" élyséenne pour le "déstabiliser".

Toutefois, le souhait de M. Sarkozy de lancer une confédération des formations de la majorité - pour réorganiser son camp après l'échec aux municipales - s'est heurtée à l'hostilité du Nouveau Centre qui craignait la création d'une "super UMP".

Publié le: 23/04/2008 à 16:20:49 GMT Source : AFP
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