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Dossiers » Tibet: débat autour du boycott des JO de Pékin Dossiers » Tibet: débat autour du boycott des JO de Pékin
Sarkozy met en garde Pékin et n'exclut pas un boycott de la cérémonie des JO
Nicolas Sarkozy (C) avec des employés d'Alstom à Tarbes, le 25 mars 2008 (© AFP/Pool - Lionel Bonaventure)
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PARIS (AFP) - Confronté aux critiques des défenseurs des droits de l'Homme sur son manque de pugnacité vis-à-vis de Pékin dans la crise au Tibet, le président français Nicolas Sarkozy a haussé le ton mardi, en n'excluant pas un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO.
Utilisant pour la première fois un langage menaçant, M. Sarkozy a déclaré lors d'un déplacement à Tarbes (sud-ouest) que "toutes les options sont ouvertes" au sujet d'un boycott de la cérémonie d'ouverture pour protester contre la répression au Tibet.

En appelant "au sens de la responsabilité des dirigeants chinois", il a ajouté : "Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises".

La présidence française avait annoncé lors de la visite de M. Sarkozy à Pékin en novembre qu'il "irait aux JO en tant que président de l'Union européenne". La France présidera l'UE au second semestre de 2008.

Face à la pression croissante de la classe politique en France appelant au boycott des cérémonies des JO de Pékin, les responsables français avaient souligné qu'ils y étaient hostiles.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ex-French Doctor à l'origine du "droit d'ingérence", avait jugé "irréaliste" un tel boycott.

M. Sarkozy était sorti lundi de son silence sur cette crise en appelant dans un message son homologue chinois Hu Jintao à "la retenue et à la fin des violences par le dialogue" au Tibet.

Il avait exprimé aussi "la disponibilité de la France à faciliter cette reprise du dialogue, dans le cadre du partenariat stratégique franco-chinois", estimant sans doute être bien placé pour jouer un rôle de facilitateur.

Mais ces premières déclarations, très similaires à celles de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, avaient été jugées par la classe politique et par la presse à la fois trop tardives et trop diplomatiques.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, membre du même parti que M. Sarkozy, avait ironisé : "En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de +tuer avec retenue+!".

Peu avant M. Sarkozy, M. Kouchner était allé plus loin dans les critiques vis-à-vis de Pékin en employant pour la première fois le mot "répression" et en soulignant qu'elle "n'est pas supportable".

Il a espéré qu'une réunion de ministres des Affaires étrangères de l'UE, vendredi en Slovénie, permettrait l'adoption d'une position commune tenant compte des "relations" avec la Chine et "des souffrances des Tibétains".

L'ex-ministre socialiste Pierre Moscovici avait dénoncé dimanche le "silence assourdissant" de M. Sarkozy, tandis qu'un autre ancien ministre socialiste, Jack Lang, appelait M. Kouchner à "sortir de sa réserve".

La secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade a redit qu'elle était prête à recevoir le dalaï lama, s'il venait en "visite pastorale", c'est à dire en tant que leader spirituel.

Une visite en France du dalaï lama est programmée du 15 au 20 août, pendant les JO, un déplacement prévu avant que n'éclate la crise.

Des ONG et l'opposition avaient déjà dénoncé en novembre l'attitude de M. Sarkozy, qui s'était fait discret à Pékin sur le chapitre des droits de l'Homme alors que quelque 20 milliards d'euros de contrats commerciaux avaient été signés entre Paris et Pékin.

L'attitude de la France, qui n'envisageait jusqu'à maintenant de prendre aucune mesure concrète, contrastait avec celle du Royaume-Uni, l'Allemagne ou les Pays-Bas.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est dit prêt à rencontrer le dalaï lama, accusé par Pékin d'être à l'origine des manifestations de Lhassa, Berlin a gelé ses pourparlers avec la Chine en matière de développement et La Haye a convoqué dès le 17 mars l'ambassadeur de Chine.

Publié le: 25/03/2008 à 19:51:19 GMT Source : AFP
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