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Dossiers » Election présidentielle en Russie Dossiers » Election présidentielle en Russie
La Russie aux urnes, entre espoir et désillusion
Opération de vote le 2 mars 2008 à Moscou (© AFP - Dima Korotayev)
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SERGUIEV POSSAD (AFP) - Les moines orthodoxes, longue robe noire et barbe fournie, se présentent au bureau de vote, une salle voûtée sous les superbes bulbes dorés du monastère de Serguiev Possad, célèbre lieu de culte à une heure de route de Moscou.
Le chef du bureau de vote, un jeune prêtre, s'incline pour baiser la main de ses supérieurs lorsqu'ils viennent accomplir leur devoir électoral.

"La plupart des étudiants vont voter pour (Dmitri) Medvedev", dit Alexeï Melnikov, un étudiant en théologie de 19 ans, tout juste sorti de l'office matinal dominical. "Il penche pour l'Eglise, cela veut dire qu'il penche aussi pour Dieu. Il va créer une société juste, nos espoirs reposent sur lui", explique-t-il. M. Medvedev, 42 ans, dauphin du président Vladimir Poutine est archi-favori du scrutin qu'il devrait remporter facilement dès le premier tour, selon les sondages.

Les peintres d'icônes, moines, et séminaristes ne sont pas les seuls à voter en des lieux pouvant paraître insolites. En ce dimanche d'élection présidentielle en Russie, on vote aussi dans les hôpitaux, dans les gares...

A Moscou, on peut ainsi déposer son bulletin dans l'urne placée dans l'une des plus belles salles, toute pavée de marbre, de la gare de Iaroslavl avant d'embarquer dans le Transsibérien. Les voyageurs encombrés de valises y croisent des policiers et les employés de la gare munis du précieux justificatif attestant qu'ils ne peuvent voter dans leur quartier car ils travaillent toute la journée.

"Personne n'interfère dans le processus, ils votent s'ils le souhaitent", assure Anatoli Sobine, chef de la gare voisine de Leningrad, alors que nombre d'ONG font état de pressions sur les électeurs et prédisent des fraudes. Régulièrement, des annonces par haut-parleur rappellent aux étourdis que tout est prévu pour recueillir leur voix.

A l'hôpital Pirogov, dans le centre de Moscou, le même système a été mis en place pour permettre aux soignants et aux malades de voter. Les premiers peuvent se rendre dans le petit bureau de vote prévu à cet effet, où trône une urne en bois. A ses côtés, un observateur membre du parti au pouvoir Russie Unie est plongé dans son journal. Les seconds reçoivent -en privé, loin de l'oeil des médias- la visite d'équipes ambulantes, qui leur apportent l'urne au pied du lit.

On vote aussi au village de Boujarovo à 60 kilomètres au nord de Moscou, face à un ancien sovkhoze transformé en ferme agraire privée. "J'ai voté pour (le communiste Guennadi) Ziouganov, je veux revenir dans le passé. Je veux obtenir un appartement comme ma mère l'a obtenu du pouvoir soviétique", témoigne Natalia Klimova 35 ans, employée dans une pharmacie.

Pour Alexandre Tchiochev, chauffeur de 36 ans, "Medvedev va passer de toutes façons". "Mais ça me plaît que (le candidat ultranationaliste Vladimir) Jirinovski anime le paysage, je m'ennuie avec ces têtes à la soviétique à la télé. Avec lui je m'amuse", dit-il.

Certains vont plus loin encore et confient leur dégoût face à une élection qu'ils jugent jouée d'avance.

"A quoi bon aller voter? Le régime en place ne me satisfait pas et l'opposition n'a que des marionnettes en carton. Il n'y a personne pour qui je peux voter. J'aimerais juste que le taux de participation ne soit pas aussi élevé que le pouvoir le veut", souligne Anna Afanassieva, 35 ans, interrogée près d'un bureau de vote à Saint-Pétersbourg, la ville d'origine de Poutine et Medvedev.

Iouri Sergueïevitch, lui aussi péterbourgeois, préfère en rire: "J'ai écrit sur mon bulletin: +Nous voulons des élections honnêtes+ et des injures à l'égard de Poutine. C'était le seul moyen d'exprimer mon opinion. Je n'ai peur de rien, j'ai 69 ans", témoigne-t-il.

Publié le: 02/03/2008 à 12:11:08 GMT Source : AFP
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