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Les Russes doutent que Poutine joue les seconds rôles
Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine à Moscou le 28 février 2008. (© AFP/RIA NOVOSTI - Mikhail Klimentyev)
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MOSCOU (AFP) - Si officiellement, Vladimir Poutine devra céder sa place à Dmitri Medvedev à la tête du plus grand pays du monde, bien des Russes ont du mal à imaginer que la réalité du pouvoir puisse véritablement changer de mains et passer du mentor à son dauphin.
Il est symptomatique à cet égard que des poissonnières d'Astrakhan (non loin de la mer Caspienne) récemment interrogées sur leurs intentions de vote à la présidentielle de dimanche aient spontanément répondu : "mais pour Poutine bien sûr". Et ce alors même que le chef du Kremlin "sortant" ne peut se présenter à un troisième mandat consécutif...

Tout aussi révélateur, quand l'institut de sondage Levada demande aux Russes ce qu'ils trouvent de plus positif chez Dmitri Medvedev, ils citent aussitôt sa "proximité" avec Vladimir Poutine et la confiance que ce dernier a en lui.

Comme si, au bout du compte, l'élève était condamné à rester dans l'ombre du maître, élu pour la première fois en 2000 après avoir été adoubé par son vacillant prédécesseur Boris Eltsine, et ensuite reconduit en 2004.

Un Vladimir Poutine qui pourrait, pourquoi pas, être tenté de chercher à reprendre, plus tard - ce que permet la Constitution -, son poste de chef de l'Etat, a estimé jeudi Alexandre Chokhine, "le patron des patrons" russes.

Dans cette hypothèse, il dirigerait pour un temps le gouvernement, ce qu'il s'est engagé à faire, puis, par exemple, le Conseil constitutionnel, a pronostiqué le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Russie.

Celui-ci s'exprimait au milieu des dorures du Kremlin en marge d'une réunion solennelle au cours de laquelle le couple Poutine-Medvedev a échangé en aparté, mais de manière ostensible, face à une nuée de photographes, chuchotements et plaisanteries.

Car en attendant "la passation des pouvoirs", début mai, et histoire de montrer que tout va pour le mieux dans les relations entre les deux hommes, le "tandem" s'avère particulièrement actif au plan médiatique.

Et qui pourrait douter qu'une réelle complicité les unit, quand ils apparaissent ensemble, souriants, sur une gigantesque affiche électorale en plein centre de Moscou ?

Surtout que Vladimir Poutine n'a eu de cesse de clamer haut et fort qu'il n'avait aucune velléité d'empiéter sur les plates-bandes de son très probable successeur, et qu'il se contenterait d'occuper les fonctions, guère prestigieuses aujourd'hui dans le contexte russe, de Premier ministre.

"Je peux vous assurer que ma relation avec lui, s'il est élu, sera très harmonieuse", a martelé Vladimir Poutine au cours de sa dernière conférence de presse annuelle, le 14 février.

Ce schéma, baptisé "plan Poutine", auquel prépare depuis des mois le Kremlin, suscite toutefois le scepticisme d'analystes de renom, à l'instar d'Alexandre Konovalov, directeur de l'Institut russe d'évaluations stratégiques.

Naturellement, explique-t-il, interrogé par l'AFP, "le plus probable est que Poutine veuille demeurer le chef, avec Medvedev pour façade".

D'autant que Vladimir Poutine, qui s'est borné vendredi à la télévision à appeler ses concitoyens à "voter pour l'avenir" dimanche, a annoncé qu'une fois Premier ministre, il serait "l'exécutif suprême".

Mais, avertit parallèlement M. Konovalov, "aussi longtemps que la Constitution accorde au président tous les pouvoirs, même si on met à la tête du pays quelqu'un que l'on juge faible et inoffensif, en deux semaines il peut se débarrasser de ses bienfaiteurs".

N'est-ce pas d'ailleurs ce que Vladimir Poutine a fait au début de son règne, en mettant sans état d'âme à l'écart nombre de ceux qui avaient contribué à le propulser au sommet ?

Publié le: 29/02/2008 à 12:45:48 GMT Source : AFP
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