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Les Russes approuvent l'opération en Géorgie, ne craignent guère l'Occident
Des soldats russes se reposent près de la ville géorgienne de Gori le 18 août 2008 (© AFP - Dimitar Dilkoff)
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MOSCOU (AFP) - Massivement acquis aux thèses du pouvoir propagées par leurs médias, la plupart des Russes pensent que les Géorgiens méritent leur sort et que Moscou n'a pas à craindre une réaction sévère de l'Occident.
"Pourquoi me ferais-je du souci pour les Géorgiens ? Ce sont eux qui tuent", dit Tamara Matioukhina, une femme de 46 ans qui profite du beau temps sur la Place Rouge.

"Je ne comprends pas pourquoi tous les pays du monde soutiennent ça, ce qu'ont fait les Géorgiens", ajoute Erik Dratchev, qui fume une cigarette non loin de là. "Nous vivons dans un monde terrible, mais la Russie n'a peur de rien", ajoute-t-il.

Seuls 2% des Russes disent avoir de la sympathie pour les Géorgiens, dont l'attaque contre le territoire séparatiste d'Ossétie du Sud a déclenché en retour une intervention militaire russe massive, selon un sondage de l'institut indépendant Levada.

Et 1% seulement des Russes estiment que leur pays, qui a suscité un tollé occidental inédit depuis la guerre froide, est fautif dans le conflit, selon un autre sondage.

Une manifestation pacifiste convoquée samedi par une organisation de jeunes opposants n'a réuni qu'une dizaine de personnes sous le regard incrédule des passants.

"Il n'y a pas eu, même chez les libéraux, d'opposition coordonnée à l'offensive russe" en Géorgie, relève le commentateur politique Evgueni Volk.

Il est vrai que cette crise a été déclenchée en plein été, dans le lointain Caucase, qui plus est au moment où commençaient les jeux Olympiques de Pékin.

Mais "la plupart des gens pensent que (le président géorgien Mikheïl) Saakachvili est un aventurier qui s'en prend aux intérêts russes dans le Caucase", juge Evgueni Volk.

Même la radio Echo de Moscou, une des dernières voix indépendantes et généralement très critique envers la politique du Kremlin, a adopté un ton mesuré sur la question.

"Je suis convaincu que le droit était de notre côté dans cette guerre, même si nos forces ne sont pas au-dessus de toute critique", a dit le commentateur Anton Orekh sur l'antenne de la radio dimanche.

Les grandes chaînes de télévision, toutes contrôlées par le pouvoir, ont assuré pour leur part une couverture soigneusement coordonnée et presque exclusivement orientée vers les attaques géorgiennes contre l'Ossétie du sud, et le "génocide" de la population civile dont Moscou a accusé Tbilissi.

Le déploiement des troupes russes en Géorgie y est décrit comme une intervention de soutien aux "forces de paix" russes en Ossétie du sud.

Dans une de ses émissions, la chaîne d'information Vesti-24 a interrogé un psychiatre sur la personnalité "irrationnelle" du président géorgien, alors qu'un autre programme portait le titre "Histoire d'un génocide".

"La propagande oriente comme elle le veut l'opinion dans chaque pays", a dit Iouri Sergueïev un ingénieur de 46 ans, disant qu'il n'était pas surpris que les médias occidentaux présentent la Géorgie comme une victime.

Comme la plupart des Russes, il estime que Moscou n'a pas grand chose à craindre des menaces de sanctions lancées contre Moscou par les Occidentaux, en particulier Washington.

"Le sentiment général est que l'Occident ne peut pas faire grand chose pour punir la Russie", dit Maria Lipman, de l'antenne moscovite du Centre Carnegie.

"De quelles conséquences l'Occident peut-il nous menacer ?", dit Igor Semetski, 43 ans. "Nous avons du pétrole, nous avons notre industrie, nous sommes autosuffisants. Nous avons simplement montré que nous ne sommes pas à genoux devant les Occidentaux, que nous ne sommes pas un pays du tiers-monde", ajoute-t-il.

Publié le: 18/08/2008 à 11:05:12 GMT Source : AFP
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