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Dossiers » Offensive israélienne à Gaza Dossiers » Offensive israélienne à Gaza
Le régime Moubarak tente de reprendre la main face à la guerre de Gaza
Réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe le 31 décembre 2008 au Caire (© AFP - Khaled Desouki)
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LE CAIRE (AFP) - En porte-à-faux face à l'offensive israélienne sur Gaza, le régime égyptien multiplie les contre-feux pour désamorcer les critiques dans le monde arabe et tenter de reprendre la main diplomatiquement.
Avertie par Israël de l'imminence de l'opération "plomb durci" dans la bande de Gaza, l'Egypte aurait en vain tenté in extremis, à en croire ses dirigeants, de l'en dissuader.

Diffusées sur les chaînes panarabes comme Al-Jazira, les images de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni au Caire, juste avant le début de l'offensive, ont eu un effet dévastateur.

"C'était pour le moins naïf de penser influencer un pouvoir israélien déterminé à en découdre en période électorale", a déclaré à l'AFP Moustapha Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire.

Une pression a aussi été exercée sur l'Egypte par les mouvements islamistes palestinien Hamas et chiite libanais Hezbollah ou encore l'Iran pour qu'elle brise le blocus israélien en ouvrant en permanence son poste frontalier de Rafah, à la lisière sud de la bande de Gaza.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a lancé dimanche un appel au peuple égyptien, relayé par les chaînes arabes, pour qu'il descende "par millions" dans la rue afin de forcer l'ouverture du terminal de Rafah.

Le régime de Hosni Moubarak a réagi avec vigueur, sentant le danger à être présenté comme un complice d'Israël aux yeux d'une opinion égyptienne et arabe traumatisée par les images en boucle des victimes des raids israéliens.

"C'est une déclaration de guerre", a répliqué le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, accusant l'Iran d'instrumentaliser la cause du peuple palestinien via le Hamas et le Hezbollah.

M. Moubarak a affirmé que l'Egypte, ayant fait quatre guerres contre Israël, n'avait pas de leçons à recevoir de ses détracteurs.

En acceptant d'ouvrir Rafah pour accueillir les blessés palestiniens et d'acheminer l'aide humanitaire, il a déclaré s'en tenir à l'accord conclu en 2005 prévoyant la présence de l'Autorité palestinienne et d'observateurs européens.

Le Parti national démocrate (PND) au pouvoir a dénoncé le Hamas comme responsable de la crise dans la bande de Gaza, l'accusant "d'aventurisme".

Quelques manifestations ont eu lieu en Egypte sous étroit contrôle policier, emmenées par les Frères Musulmans, la confrérie islamiste inspiratrice du Hamas et principal mouvement d'opposition.

Premier pays arabe à avoir fait la paix avec Israël, en 1979, l'Egypte s'en tient à ce choix stratégique de non-belligérance avec l'Etat hébreu et redoute comme lui un Etat islamiste dans la bande de Gaza.

"Ce n'est pas une histoire d'amour mais d'intérêts, sauf que le régime Moubarak n'est pas crédible pour en prouver le bien-fondé à son peuple", a déclaré à l'AFP Amr Choubaki, chercheur au centre d'études stratégiques d'Al-Ahram.

Pour des raisons convergentes avec Israël, le coup de force du Hamas en 2007 dans la bande de Gaza et l'élimination du mouvement modéré de Mahmoud Abbas reste inacceptable aux yeux de l'Egypte.

Début décembre, Moustapha al-Fiqi, un cacique du régime et président du comité des affaires étrangères à l'Assemblée nationale, a souligné que l'Egypte ne tolérerait pas un "émirat islamique" à sa frontière nord-est.

L'exaspération face au Hamas n'a fait que croître dans les cercles du pouvoir après l'échec, imputé au mouvement islamiste, de la médiation égyptienne pour une réconciliation interpalestinienne.

Si l'Egypte, alliée du camp occidental, entend d'abord se laver des accusations de collusion avec Israël, il lui faut aussi tenter au plus vite de reprendre un rôle clef pour négocier une sortie de crise.

M. Aboul Gheit a évoqué un plan égyptien, avec "un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international ou arabe pour s'assurer de son application".

"Sauf que d'autres jouent mieux leur carte dans la région, comme la Turquie", prévient M. Choubaki.

Publié le: 01/01/2009 à 15:57:19 GMT Source : AFP
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