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Réforme de l'Etat: les syndicats crient à "l'austérité"
Jean-Christophe le Duigou, numéro 2 de la CGT, répond aux journalistes, le 24 octobre 200 à Paris (© AFP/Archives - Mehdi Fedouach)
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PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy a confirmé vendredi la suppression d'un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite en 2009 dans le cadre de la réforme de l'Etat, au grand dam des syndicats qui crient à "l'austérité" et prédisent une détérioration du service public.
"L'engagement de ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux à l'échelle de l'Etat sera tenu dans le prochain budget pluriannuel", a déclaré le président de la République, à l'issue d'un conseil de modernisation des politiques publiques, détaillant des mesures d'économies pour le budget de l'Etat.

"L'équilibre de nos finances publiques aujourd'hui et demain dépend de notre capacité à réduire les effectifs", a ajouté M. Sarkozy.

Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite correspond à la suppression de 35.000 postes en 2009, avait indiqué dimanche le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth.

Le budget 2008 prévoit déjà le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, soit 22.900 agents sur les 2,5 millions que compte la fonction publique d'Etat.

M. Sarkozy a par ailleurs confirmé que la moitié des gains réalisés grâce à la réduction du nombre de fonctionnaires serait redistribuée aux agents, jugeant cette mesure "profondément juste".

D'ici 2011, "cela représentera largement plus d'un milliard d'euros, ce qui est considérable", a-t-il souligné.

"Mesures brutales", "rigueur", "politique d'austérité", "révision drastique": la réduction des effectifs, et plus largement l'ensemble des orientations détaillées par M. Sarkozy dans le cadre de la réforme de l'Etat, ont provoqué la colère des syndicats.

Jean-Christophe le Duigou (CGT) a dénoncé une "véritable régression des politiques publiques", se disant "préoccupé pour les usagers des services publics".

Même inquiétude pour FO qui voit là "une remise en cause profonde des services publics républicains au travers d'externalisations et de privatisations".

La FSU, première fédération de la fonction publique d'Etat, estime quant à elle que le "plan d'austérité" du gouvernement "va détériorer encore davantage la vie quotidienne professionnelle et sociale de toute la population mais plus particulièrement des plus précarisés et démunis".

La CFTC a récusé de son côté "une vision purement comptable des services publics qui risque de conduire à des coupes massives dans les effectifs de la fonction publique au détriment de la qualité du service public rendu et des conditions de travail".

Pour Solidaires, ces "mesures de rigueur" vont "désertifier encore plus certaines zones de toute présence administrative ou sociale".

Selon l'Unsa-fonctionnaires, ces "mesures brutales, assises sur une approche essentiellement budgétaire" méconnaissent "les personnels en les plaçant dans des situations dégradées au regard de l'exécution de leurs missions et de leurs conditions de travail".

Tous les syndicats ont par ailleurs déploré le manque de concertation du gouvernement: "ni les usagers, ni les citoyens, ni les fonctionnaires, ni les organisations syndicales n'ont été associés à l'élaboration de ces réformes", s'est indignée la CGT.

FO a condamné une "opération commando" du gouvernement tandis que la CFTC a regretté que la réforme "se soit organisée sans l'ombre d'un débat".

Publié le: 04/04/2008 à 16:41:15 GMT Source : AFP
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