| Ragaillardi par les législatives, le PCF n'est pas encore sorti de l'ornière Par Elahe MEREL |
| PARIS (AFP) - Donné pour mort, le PCF se sent pousser des ailes après son bon résultat aux législatives et la perspective d'un groupe communiste au Palais Bourbon, mais ce succès ne gomme pas sa débâcle à la présidentielle et la nécessaire rénovation d'un parti vieilli et en déclin. |
Après la défaite du 22 avril, où Marie-George Buffet avait obtenu 1,93%, devancée par le trotskiste Olivier Besancenot, l'enjeu aux législatives pour le PCF était le maintien d'un groupe au Parlement et il devrait y parvenir grâce en partie à son ancrage local.
"Il y aura un groupe d'une manière ou d'une autre", assure Olivier Dartigolles, porte-parole du parti, pour qui avec les 15 députés PCF "plus les apparentés, les non inscrits, il y a véritablement les forces pour faire un groupe parlementaire".
Mais alors que les Verts multiplient les déclarations pour former un groupe avec le PCF, Alain Bocquet, président du groupe communiste dans l'Assemblée sortante a demandé un abaissement de 20 à 15 du seuil pour constituer un groupe.
"On veut faire reconnaître un groupe à 15", a affirmé à l'AFP M. Bocquet et "si le président de la République est un démocrate, qu'il le prouve". Pour abaisser la barre, un vote modifiant le règlement de l'Assemblée suffit. En attendant, les députés communistes ont prévu de se réunir mercredi matin pour élire leur président de groupe, Alain Bocquet affirmant être candidat à sa propre succession.
Toutefois, le fait d'avoir un groupe ne gomme pas l'échec à la présidentielle: "Le PCF résiste mieux aux législatives car il a été un parti très important, très enraciné et il ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Mais c'est depuis 1981 qu'il connaît un lent déclin", a indiqué à l'AFP Marc Lazare, historien du PCF. Il rappelle que le groupe communiste à l'Assemblée se trouve rétréci après ce scrutin (21 dans la chambre sortante).
Marie-George Buffet a évité tout triomphalisme et affirmé dès dimanche soir la nécessité d'un "débat populaire à gauche". Elle veut l'entamer le 22 juin lors d'un Conseil national du parti préparatif au Congrès extraordinaire prévu en fin d'année.
Déjà, les différentes tendances au sein du parti- orthodoxes qui veulent un retour à l'identité communiste, partisans de la gauche antilibérale et partisans d'un arrimage au PS - se sont mises en ordre de bataille.
Pour André Gerin, réélu dimanche à Vénissieux (Rhône) et chef file des orthodoxes, "le PCF est à marée basse après le séisme à la présidentielle". Mais, a-t-il dit à l'AFP, "les conditions existent pour sa renaissance" comme le prouve, selon lui, la bataille des législatives où les candidats ont "réussi à rassembler" en se présentant comme militants PCF et non d'une alliance antilibérale comme avait voulu le faire Mme Buffet à la présidentielle.
Fort de ce succès, M. Gerin entend "faire acte de candidature" pour briguer la succession de Mme Buffet qui veut remettre son mandat au Congrès ordinaire du parti fin 2008.
Pour Roger Martelli, chef de file des Refondateurs, "le déclin n'est pas interrompu" et "la longue tendance à l'effritement des bases d'implantation du PCF n'est pas stoppé". Mais, a-t-il dit à l'AFP, "le Parti communiste reste une force qui compte" à gauche.
Selon lui, le PCF ne doit "pas se replier sur lui-même dans un effort d'introspection interne" mais "ouvrir le grand débat de refondation de la gauche française" avec d'autres courants notamment les antilibéraux.
De leur côté, les proches de l'ancien numéro un, Robert Hue, favorables à un rapprochement avec le PS, préparent un texte pour mardi.
|
| Publié le: 18/06/2007 à 16:33:26 GMT |
Source : AFP |
|
|