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Qui à la tête du PS? Dans le flou, les députés PS se perdent en conjectures
François Hollande et Jean-Marc Ayrault le 4 novembre 2008 à Paris (© AFP/Archives - Bertrand Guay)
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PARIS (AFP) - Qui à la tête du PS ? A 48 heures du congrès de Reims, les députés socialistes étaient dans le flou mercredi à l'Assemblée nationale, où le président du groupe Jean-Marc Ayrault n'a pas honoré un point-presse prévu à l'agenda.
"Du côté des autres motions, ils ont du mal à se déterminer. C'est changeant comme la météo sur le Vendée Globe!", assure le député pro-Ségolène Royal Gaëtan Gorce, qui estime que "c'est autour de la motion E" arrivée en tête que le rassemblement doit se faire.

Mme Royal "est minoritaire", tonne comme en écho Henri Emmanuelli, gardien de la gauche du parti avec Benoît Hamon. "Même avec le soutien des grosses fédérations, elle ne fait que 29%".

"30% sont pour une alliance avec le centre-droit, 70% contre. Nous sommes dans la même configuration qu'à Metz en 1979", poursuit l'ex-premier secrétaire, dans une allusion au congrès qui avait vu la défaite de la "deuxième gauche" de Michel Rocard face à François Mitterrand.

Royal va-t-elle connaître le même sort que Rocard il y a 30 ans ? Réponse d'Emmanuelli: "je le souhaite".

"Je pense qu'Aubry et Hamon auraient dû faire un texte commun", soupire Jean-Pierre Balligand, proche de la maire de Lille, qui souhaite que le PS sorte de Reims avec "une ligne politique" pour "parler aux salariés".

Sans trop d'illusion: "Plus personne n'est capable d'incarner seul, comme François Mitterrand un projet politique. On a fait beaucoup de tactique mais les excès de tactique brouillent la stratégie", déplore le député de l'Aisne.

"Il faut éviter que chaque motion présente son candidat", commente Marisol Touraine, de la motion A (Bertrand Delanoë), pour qui cela serait le pire scénario à Reims. "Il faut que la motion A reste unie", ajoute-t-elle.

Pour sa part, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault (un ex-royaliste qui a rejoint la motion Delanoë), n'a pas tenu son point-presse hebdomadaire, prévu à 12h30. "Jean-Marc ne fait jamais de point-presse le mercredi", esquive son porte-parole, feignant d'oublier que mardi, jour habituel de la rencontre avec la presse, était cette semaine un jour férié. Et que le point-presse avait bien été inscrit à l'agenda officiel de l'Assemblée.

Les divisions du PS font la joie du gouvernement. Son porte-parole Luc Chatel a ainsi jeté du sel sur les plaies dans une réponse à une question d'un député PS sur la taxation des profits de Total. "Votre éloge de la taxation (...) témoigne que la révolution culturelle n'est pas vraiment en marche au PS. En tout cas, elle n'est pas pour ce week-end au congrès de Reims", a ironisé M. Chatel. En réponse, le député-maire PS de Lens, Guy Delcourt, a renvoyé l'UMP à ses propres soucis de gouvernance, en rappelant que le propre patron du parti souhaitait céder sa place... à Nicolas Sarkozy.

Publié le: 13/11/2008 à 08:14:30 GMT Source : AFP
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