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Dossiers » Sarkozy lance l'Union pour la Méditerranée Dossiers » Sarkozy lance l'Union pour la Méditerranée
Proche-Orient: pour Damas, son rôle indispensable est désormais reconnu
Les présidents Nicolas sarkozy (g), Bachar al-Assad (c) et Hosni Moubarak, le 13 juillet à Paris (© AFP - Dominique Faget)
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DAMAS (AFP) - La Syrie s'est félicité lundi du succès de la visite de son président Bachar al-Assad à Paris et de son rôle désormais reconnu d'acteur indispensable dans la recherche de la paix au Proche-Orient.
Pour le quotidien officiel syrien As-Saoura, "c'est une reconnaissance du rôle de la Syrie dans la région, de l'utilité de ce rôle pour la communauté internationale. Pour sortir la région de l'impasse, il a fallu chercher la Syrie".

Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a qualifié M. Assad de "vedette" du sommet l'Union pour la Méditerranée (UPM) auquel le président syrien a participé dimanche avec 42 autres dirigeants européens et du bassin méditerranéen, après avoir été reçu la veille par son homologue français Nicolas Sarkozy.

En dépit des critiques, M. Assad était présent lundi à la tribune officielle avec les autres invités de la France pour le défilé du 14 juillet.

A l'occasion de son retour sur la scène internationale, M. Assad a donné son accord pour l'ouverture historique de relations diplomatiques entre Damas et Beyrouth. Il a eu dimanche des discussions indirectes avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert l'intermédiaire du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Se posant en acteur incontournable pour la paix dans la région, M. Assad s'est dit prêt à entretenir avec Israël des relations "normales" avec échange d'ambassades et traités bilatéraux, lors d'un entretien diffusé dimanche par la chaîne de télévision Al-Jazira.

Mais il a affirmé qu'il ne cèdera "aucun pouce" du territoire et qu'il ne fera "aucune concession concernant la souveraineté de la Syrie sur le Golan".

En échange de la paix, la Syrie exige la restitution intégrale du plateau du Golan conquis par l'armée israélienne en juin 1967 et annexé par l'Etat hébreu en 1981.

"La Syrie est partie intégrante de la solution des questions du Proche-Orient. Tout pays qui souhaite régler les problèmes du Proche-Orient doit parler avec la Syrie", a-t-il également affirmé sur la chaîne publique française France 2.

Cependant, certains ont exprimé leur scepticisme. La chancelière allemande Angela Merkel a demandé des "actes" au président Assad après l'annonce de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban.

Au sein de la majorité libanaise antisyrienne on estime même que "rien n'a changé".

"Cette mesure ne vise qu'à rompre l'isolement du régime de Damas et ouvrir la voie à des négociations" pour éloigner la menace du tribunal international chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri pour lequel Damas a été pointé du doigt, a estimé un ministre de la majorité dans le nouveau gouvernement libanais, Wael Bou-Faour.

Un député de la majorité, Ahmad Fatfat, a jugé que "le plus important reste la délimitation de la frontière entre la Syrie et le Liban et la fin de l'ingérence de Damas dans les affaires" libanaises.

Des observateurs évoquent toutefois une "évolution" dans la politique de la Syrie.

"La participation de la Syrie à la conférence d'Annapolis, le rapprochement avec le Liban, les pourparlers de paix avec Israël" sont autant de décisions visant à rompre son isolement international et à améliorer la situation économique, selon un diplomate arabe.

Le retour de Damas sur la scène internationale pourrait permettre de signer l'accord d'association avec l'UE d'ici la fin de l'année, a indiqué une source européenne, estimant que la Syrie était le seul "gagnant-gagnant" du lancement de l'UPM.

Les négociations sur cet accord sont terminées, mais le texte a été gelé après l'assassinat en février 2005 de Rafic Hariri.

Publié le: 14/07/2008 à 11:09:53 GMT Source : AFP
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