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Dossiers » La junte chilienne en procès à Paris Dossiers » La junte chilienne en procès à Paris
Le procès de la junte "rendra son identité à mon père", espère Roberto Pesle
Roberto Pesle, fils d'un disparu de la dictature chilienne, le 1er décembre 2010 à Paris (© AFP - Miguel Medina)
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PARIS (AFP) - Roberto Pesle avait sept ans le 19 septembre 1973, jour où son père, Etienne, est enlevé par des militaires sur son lieu de travail, dans le sud du Chili. Le procès qui s'ouvre mercredi à Paris "reconstruira sa mémoire", lui "rendra son identité", espère ce Franco-Chilien, après 37 ans d'attente.
"La disparition, c'est la perte de l'existence physique, sociale, familiale citoyenne d'un être. Vous doutez de plein de choses: +est-ce que vous avez tort ? Est-ce que lui a eu tort ?+", confie-t-il d'une voix douce.

"Ce procès pour moi -c'est la seule chose positive- lui rendra son existence. Il apparaîtra ce jour-là. Il réapparaîtra".

La dernière image que Roberto Pesle a de son père remonte aux heures du 19 septembre 1973 précédant son arrestation. Etienne Pesle, ancien prêtre arrivé au Chili en 1953, est alors âgé de 46 ans et travaille au sein de l'INDAP (Institut de développement agraire) à Temuco, au sud du pays.

C'est sur son lieu de travail qu'"un groupe de cinq personnes est venu le chercher, l'a embarqué dans une camionnette blanche, et depuis ce jour, on n'a plus eu de nouvelles".

Une semaine plus tôt, le 12 septembre, au lendemain du coup d'Etat du 11 septembre 1973, des militaires étaient déjà venus l'arrêter chez lui, sous les yeux de sa femme chilienne et de ses enfants.

"Ils l'avaient libéré au bout de quatre jours et un colonel l'avait rassuré en lui disant qu'il n'avait rien craindre".

Rien à craindre? "Dans la dernière période de sa vie, mon père travaillait pour la réforme agraire et s'occupait d'exproprier légalement de grands propriétaires terriens. Il avait été menacé de mort", sur le mode "gringo, ne te mêle pas de nos affaires", se souvient M. Pesle.

Selon les conclusions de l'instruction française, c'est l'un de ces propriétaires terriens, réserviste dans l'armée de l'air, qui commandait les militaires venus enlever Etienne Pesle. La plupart d'entre eux sont décédés depuis, hormis un ancien officier des forces aériennes, aujourd'hui homme d'affaires au Chili, renvoyé dans les assises. Il nie les faits.

Pendant les années suivant sa disparition, la famille d'Etienne Pesle multiplie en vain les procédures au Chili. Elle quitte le pays en 1981.

Pendant ces huit années, les enfants Pesle mènent "une double vie", la semaine dans un internat de l'Alliance française avec les enfants de "familles riches, de propriétaires terriens" auxquels il fallait se contenter de dire "mon père est en France". Le week-end aux côtés de leur mère à "visiter les prisons, aider les prisonniers politiques, leur apporter un soutien", raconte Roberto.

"La Dina (police secrète, ndlr) venait chez ma mère quand on n'était pas là. Elle s'est fait tabasser plusieurs fois, on lui disait +reste chez toi, te mêle pas de ça, arrête de chercher ton mari, il est parti avec une autre femme, en Argentine ou ailleurs+."

Le jeune Roberto apprend à être superficiel avec ses condisciples, "ces enfants de la génération Pinochet pour qui la dictature n'avait jamais eu lieu. On était invité à une fête de la fille du général truc ou machin...". Il apprend à se taire.

"La dictature, ce ne sont pas que les armes, analyse ce graphiste de 44 ans, qui vit en région parisienne. C'est le silence, la honte, la non-reconnaissance citoyenne. Je n'avais pas de père, pas d'origine, pas de droit".

Publié le: 08/12/2010 à 07:39:58 GMT Source : AFP
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