| Le prix du pétrole gonflé par l'inflexibilité de l'Iran sur le nucléaire |
| TEHERAN (AFP) - L'Iran a contribué à la poussée des prix mondiaux du brut en agitant la menace d'un nouveau choc pétrolier, dans sa confrontation avec l'Occident sur ses ambitions nucléaires. |
L'Iran a rejeté la demande du Conseil de sécurité de suspendre ses activités liées à l'enrichissement d'ici le 28 avril, ce qui a renforcé la crise.
Ignorant les appels des grandes puissances, Téhéran a annoncé avoir réussi à enrichir l'uranium et a même annoncé une accélération de son programme nucléaire.
Le marché craint désormais qu'en cas d'attaque militaire, l'Iran ne réplique éventuellement en coupant ses exportations de pétrole et en bloquant le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le trafic pétrolier eni provenance du Golfe.
Devant l'entêtement iranien, les Etats-Unis, qui soupçonnent l'Iran de chercher à fabriquer l'arme atomique en utilisant son programme nucléaire civil, ont durci le ton.
Le président américain George W. Bush a assuré que "toutes les options sont sur la table" contre l'Iran alors la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a affirmé que les Etats-Unis pourraient agir militairement contre l'Iran en invoquant le "droit à l'autodéfense".
Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a pourtant déclaré à plusieurs reprises que Téhéran n'entendait pas "utiliser l'arme du pétrole" dans la crise nucléaire.
"Nous pensons que l'approvisionnement énergétique est vital pour le monde. Nous resterons fidèles à notre obligation de répondre aux besoins énergétiques de nos partenaires", a déclaré le ministre à des journalistes. "Nous n'allons pas utiliser l'énergie comme un instrument de notre politique", a-t-il ajouté.
Le ministre du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh, en présentant à de multiples reprises l'Iran comme un "fournisseur fiable" des pays consommateurs.
Mais la tonalité est bien différentes lorsque ce sont des militaires qui parlent.
Le 6 avril dernier, au lendemain d'importantes manoeuvres militaires dans le Golfe, le chef des Gardiens de la révolution iraniens, le général Yahia Rahim Safavi a souligné que "l'importance des manoeuvres pouvait être comprise par le moment et le lieu géographique où elles se déroulaient, ainsi que le type d'armes utilisées".
"L'exportation de 20 millions de barils (par jour de pétrole) par le détroit d'Ormuz souligne l'importance géographique de la région et de l'endroit où se sont tenues ces manoeuvres", a ajouté le général.
Des déclarations qui ont renforcé les inquiétudes occidentales.
Selon les experts, l'Iran dispose d'un arsenal militaire suffisant pour bloquer, au moins temporairement, le détroit d'Ormuz si la crise sur le nucléaire s'intensifiait en conflit armé avec les Etats-Unis.
Près de 20% de la production mondiale quitte chaque jour la région du Golfe via le détroit. Ce qui représente un tiers des exportations.
En agitant la menace de riposte et en soulignant sa capacité militaire dans la région, l'Iran a en fait voulu souligner un point faible des Occidentaux, en particulier des Européens, mais aussi des pays asiatiques comme la Chine et le Japon, qui dépendent du pétrole du Golfe.
L'Iran est le quatrième producteur mondial de brut, avec une production avoisinant 4 millions de barils par jour (mbj), et le deuxième plus gros fournisseur au sein de l'Opep).
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| Publié le: 27/04/2006 à 10:54:36 GMT |
Source : AFP |
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