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Dossiers » Karadzic aux mains de la justice Dossiers » Karadzic aux mains de la justice
Les principaux points de l'acte d'accusation contre Radovan Karadzic
Radovan Karadzic en 1996 à Pale en Bosnie (© AFP/Archives - Igor Dutina)
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LA HAYE (AFP) - Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, arrêté lundi, est inculpé par le TPI de génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre pour son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995) qui fit plus de 200.000 morts, notamment le massacre de Srebrenica.
Il risque la prison à vie s'il est reconnu coupable des onze (BIEN onze) charges qui pèsent contre lui, notamment génocide, persécutions, exterminations, meurtres, déportations, actes inhumains ou encore prises d'otages.

Radovan Karadzic, âgé de 63 ans, était inculpé depuis 1995.

Selon l'acte d'accusation, il est l'un des principaux artisans d'un plan de "nettoyage ethnique" de certaines zones de Bosnie-Herzégovine, aux côtés de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, avec qui il constituait le couple de fugitifs les plus recherchés du TPI, dans le but de créer une Grande Serbie.

Pour arriver à cet objectif, "les dirigeants serbes de Bosnie, parmi lesquels Radovan Karadzic, ont mis en oeuvre un plan d'action se traduisant par des persécutions et des tactiques de terreur, l'expulsion des personnes peu disposées à partir et l'élimination des autres", précise le document.

M. Karadzic est notamment accusé pour trois des plus tragiques épisodes de la guerre de Bosnie: le génocide de Srebrenica, le siège de Sarajevo et la détention des milliers de civils dans des camps de la région de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie).

Son acte d'accusation décrit comment, après avoir été élu à la présidence de la République serbe de Bosnie en mars 1992, fonction qu'il a occupée jusqu'en juillet 1996, il a "planifié, incité à commettre, ordonné ou de toute autre manière aidé à planifier (...) la persécution des populations musulmanes de l'enclave de Srebrenica".

Près de 8.000 garçons et hommes musulmans de Bosnie ont été exécutés par les forces serbes après la prise de cette zone, pourtant officiellement sous la protection de l'ONU, le 11 juillet 1995. Il s'agit du plus grave massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

En tant que commandant en chef des forces armées serbes de Bosnie, il devra également répondre du siège de Sarajevo.

Ancien habitant de la capitale bosniaque, où il exerçait le métier de psychiatre, Karadzic est accusé d'avoir planifié "une campagne prolongée de bombardements et de tirs isolés contre la population civile (...) afin de maintenir les habitants dans un état de terreur constant".

M. Karadzic est également inculpé pour la détention de milliers de civils Croates ou Musulmans de Bosnie dans des camps aux conditions "horribles et inhumaines", notamment dans la région de Prijedor. A l'été 1992, les images des détenus décharnés de ces camps, diffusées par les télévisions du monde entier, avaient profondément choqué l'opinion publique.

Il est aussi inculpé pour la prise d'otage de plus de 200 Casques bleus de l'ONU entre le 26 mai et le 2 juin 1995 dans plusieurs secteurs de Bosnie.

Publié le: 23/07/2008 à 13:47:25 GMT Source : AFP
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