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Dossiers » Euthanasie: l'affaire Sébire Dossiers » Euthanasie: l'affaire Sébire
La presse française divisée sur l'opportunité d'une nouvelle loi
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 04 juillet 2005 à Paris (© AFP/Archives - Mehdi Fedouach)
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PARIS (AFP) - Légaliser l'euthanasie, aménager la loi Leonetti sur l'accompagnement en fin de vie, ne toucher à rien... la presse française est divisée, vendredi, sur l'opportunité de légiférer ou non sur l'euthanasie, après l'émotion suscitée par la mort de Chantal Sébire.
"La solution est-elle de légiférer pour les quelques cas rares où les personnes ne supportent plus leur vie?" s'interroge Dany Stive dans L'Humanité.

Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, pense que le moment est mal choisi pour répondre à une telle question: "Comment poser à froid des éléments législatifs déterminants à partir d'une aussi brûlante émotion?", demande-t-il.

Jacques Camus est sur la même longueur d'ondes, dans La République du Centre, estimant que "vouloir trancher un débat sur l'euthanasie au lendemain du décès de Chantal Sébire, c'est comme vouloir relancer la controverse sur le rétablissement de la peine de mort au lendemain de l'assassinat d'un enfant. L'émotion n'est pas compatible avec la réflexion".

Cela n'empêche pas un grand nombre d'éditorialistes de prendre position.

Francis Brochet, dans Le Progrès, pense que "laisser croire qu'une nouvelle loi pourrait tout régler, prévoir tous les cas, anticiper l'attitude de chacun d'entre nous face à la mort" serait une "hypocrisie".

Philippe Waucampt, dans les colonnes du Républicain Lorrain écrit lui aussi que "le caractère transgressif de l'euthanasie doit être maintenu (...). Est-ce moralement satisfaisant? Non. Mais le contraire le serait encore moins."

Dans L'Union, Hervé Chabaud considère qu'"aller trop loin" reviendrait à "donner la possibilité à la société d'éliminer avec sa bénédiction tous ceux qui nous dérangent", ce qu'il regarde comme "une nouvelle barbarie".

En face, certains sont favorables à "la solution dite +transgressive+, qui serait envisageable +à titre exceptionnel+", comme Hervé Cannet dans La Nouvelle république du Centre-Ouest.

C'est la solution que retient également Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi. "Transgresser" la loi "après avis d'une haute autorité", permettrait selon lui à la société de prendre "ses responsabilités au lieu de laisser les proches devant un terrible choix."

Pour Eric Dussart, dans La Voix du Nord, ce n'est pas suffisant. Regardant du côté de la Belgique, "où l'euthanasie fermement encadrée est légalisée depuis cinq ans", il évoque les 495 cas autorisés l'an dernier. "Quatre cent quatre-vingt-quinze exceptions? Elles méritaient bien une loi. Une vraie."

Prenant lui aussi exemple sur les pays ayant légalisé l'euthanasie, Olivier Picard, dans Les Dernières nouvelles d'Alsace, demande: "Les Français seraient-ils moins responsables que nombre de leurs voisins, belges ou suisses par exemple, pour opérer un choix libre qui engage leur propre existence?"

Publié le: 21/03/2008 à 10:39:15 GMT Source : AFP
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