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Dossiers » Le PS s'enfonce dans la crise Dossiers » Le PS s'enfonce dans la crise
La presse dénonce la "rage suicidaire" d'un PS au bord de l'implosion
Montage de photos de Ségolène Royal (g) et Martine Aubry, le 21 novembre 2008 lors du 2e tour de l'élection du premier secrétaire du PS (© AFP/Archives - Philippe Huguen)
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PARIS (AFP) - Les éditorialistes de la presse nationale s'accordent lundi à dénoncer le spectacle désolant de la bataille rangée entre Ségolène Royal et Martine Aubry pour prendre la tête d'un PS saisi de "rage suicidaire".
"Fous! Ils sont devenus fous! La rage suicidaire qui a saisi les socialistes depuis deux jours laisse la gauche profonde pantoise, furieuse et désabusée", déplore dans Libération Laurent Joffrin.

Il ne voit "qu'une solution à cette tragicomédie: respecter les procédures actuelles, aussi contestables soient-elles, désigner une gagnante et transformer à grande vitesse cette machine passéiste en formation politique digne de ce nom."

Dans La Croix, Dominique Quinio se prend à espérer que "ce paroxysme puisse purger les passions et permettre une reconstruction du parti sur de nouvelles bases", même si "la violence des déchirures et le poids des intérêts personnels resteront dans les mémoires".

Pour Paul-Henri du Limbert (Le Figaro), l'issue la "plus probable, c'est que deux partis socialistes cohabitent au sein d'un seul (...) C'est une scission qui ne dit pas son nom, mais qui a l'avantage de sauver les apparences".

"N'était le ciment de leur résistance aux élections locales, les socialistes seraient plus proches de dissolution que de la solution", commente Jean-Francis Pécresse (Les Echos).

Quant à Didier Eugène (Ouest-France), il se montre sans pitié: "Le PS a tout raté (...) Quelle que soit l'issue de cette bataille, les causes de la défaite collective demeureront". Un avis partagé par Patrick Fluckiger (L'Alsace): "La gauche, aujourd'hui en France, n'est plus qu'un conglomérat de féodalités".

Dans ce contexte, "il est urgent que les +drôles de dames+ signent un armistice. Sinon, ce drôle de drame conduira le parti socialiste à l'implosion", met en garde La Liberté de l'Est sous la plume de Gérard Noël.

Bruno Dive (Sud-Ouest) propose de "faire revoter les adhérents (...) plutôt que d'assister à ce spectacle pitoyable de gens du même parti qui s'accusent de tricheries et en arrivent à se poursuivre en justice".

"Bien sûr qu'il faut revoter!", estime lui aussi Olivier Picard (DNA), qui invoque "le bon sens démocratique le plus élémentaire".

En revanche, pour Patrick Planchenault (L'Est-Eclair), "la balle est dans le camp de François Hollande", même si Jacques Camus (La République du Centre) pense qu'il ne faut pas "surestimer les capacités du syndic de faillite du PS à imposer un compromis".

Michel Vagner (L'Est républicain) est encore plus pessimiste: "Dans ce parti socialiste coupé en deux, annoncé comme ingouvernable, il n'y a que des problèmes, mais il n'y a pas, pour l'instant, de solution."

En attendant, les divisions socialistes ouvrent un boulevard à Nicolas Sarkozy: "Jamais un président de la République en place n'aura bénéficié d'un horizon aussi radieux du fait de la décomposition de ses oppositions", observe Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées.

Même son de cloche chez Hubert Coudurier (Le Télégramme): "Nicolas Sarkozy règne sur un champ de ruines, quasiment privé d'adversaires". Et de conclure: "L'opposition, déjà déstabilisée par l'ouverture, n'existe plus".

Publié le: 24/11/2008 à 06:45:27 GMT Source : AFP
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