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La présidence de l'Union européenne, test politique pour Nicolas Sarkozy
Le président Nicolas Sarkozy pendant une conférence de presse lors du Conseil Européen, le 20 juin 2008 à Bruxelles (© AFP/Archives - Dominique Faget)
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PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy s'est fixé des ambitions très élevées pour "sa" présidence de l'UE, qui constituera un test politique déterminant, au moment où sa popularité est au plus bas en France et où son activisme continue à agacer certains de ses partenaires européens.
Le chef de l'Etat le sait, ses six mois à la tête des 27 pays de l'UE constituent un des temps forts de son quinquennat et une occasion unique de redorer son blason de président, passablement terni dans les sondages.

Après les nombreuses critiques sur son style "bling-bling", Nicolas Sarkozy aura tout au long du second semestre l'occasion de peaufiner sa stature d'homme d'Etat. "Il va essayer de profiter de cette présidence pour gagner en autorité", assure le politologue Dominique Reynié.

C'est avec la casquette de patron de l'Europe des 27 qu'il participera à la dizaine de sommets prévus entre l'UE et la Russie, l'Afrique du Sud ou l'Inde, et qu'il pourrait assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août.

Ce mandat européen lui offre aussi l'opportunité de mettre en pratique ses convictions sur le nécessaire rapprochement de Bruxelles des "préoccupations concrètes des citoyens européens".

Les quatre priorités de la présidence française (énergie-climat, politique agricole commune, immigration et défense) doivent précisément permettre d'y répondre, estime-t-on à l'Elysée. A fortiori depuis le "non" de l'Irlande au traité de Lisbonne, qui a replongé l'Europe dans la crise.

"Les peuples d'Europe estiment que leurs dirigeants ne s'occupent pas assez d'eux. Nos priorités visent donc à promouvoir une Europe qui les protège plutôt qu'une Europe qui les inquiète", explique un proche du président.

"Nicolas Sarkozy est sans doute celui qui a été le plus lucide pour comprendre le divorce entre les Français et l'Europe", renchérit un autre conseiller, "il a donc une obligation de réussite".

Pour y parvenir, le chef de l'Etat n'a pas lésiné sur les moyens. En moins d'un an, il a visité, avec son Premier ministre François Fillon, la quasi-totalité des Etats membres et reçu à Paris tous les chefs de groupes parlementaires qui siègent à Strasbourg.

"Un effort sans précédent", souligne son entourage, largement destiné à redresser l'image du locataire de l'Elysée, dont les propositions et l'activisme agacent régulièrement à Bruxelles.

Tous les partenaires européens ont loué les efforts déployés par Nicolas Sarkozy pour faire adopter le traité de Lisbonne et sortir l'Union de l'impasse causée par les non français et néerlandais à la constitution en 2005. Mais nombre d'entre eux se sont agacés de ses critiques contre la Banque centrale européenne (BCE) ou de ses initiatives en matière de pêche.

Son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), finalement révisé à la baisse après la fronde menée par Angela Merkel, et son insistance à promouvoir une suspension de la TVA sur le pétrole, ont illustré l'inquiétude provoquée à Bruxelles par le style volontiers jugé "brutal" et "arrogant" de Nicolas Sarkozy.

"Le problème avec la France, c'est qu'elle est tentée de prendre des initiatives en solitaire et puis ensuite de chercher des soutiens ailleurs", résume un responsable de la Commission.

A chaque étape de sa tournée de préparation, Nicolas Sarkozy a donc tenté de convaincre ses interlocuteurs qu'il s'était rangé à la "culture du compromis".

"Nous serons à l'écoute, soucieux de jouer collectif et d'entendre tout le monde", promet-on depuis des semaines dans son entourage, "mais nous ne renoncerons pas à nos priorités".

Publié le: 30/06/2008 à 18:59:44 GMT Source : AFP
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