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Dossiers » Un an de présidence Sarkozy Dossiers » Un an de présidence Sarkozy
Le pouvoir d'achat des ménages en berne un an après l'élection de Sarkozy
Des centaines de fonctionnaires défilent, le 24 janvier 2008 dans les rues de Caen (© AFP/Archives - Mychèle Daniau)
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PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy avait fait du "pouvoir d'achat" l'un des piliers de sa campagne mais les mesures prises depuis son élection n'ont pas eu d'effet spectaculaire sur sa progression, qui risque d'être fortement compromise par l'inflation et les contraintes budgétaires de l'Etat.
Certes, selon l'Insee, le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages français (revenu disponible brut moins l'inflation) a progressé de 3,1% en 2007, à la faveur d'une inflation très modérée (1,5%), de l'accélération des prestations sociales et de la baisse des impôts versés par les ménages.

Autant de facteurs sur lesquels Nicolas Sarkozy n'a pas pu avoir d'emprise réelle, la baisse des impôts ayant par exemple été décidée par le précédent gouvernement, en 2006.

Pour le premier semestre 2008, les prévisions de l'Insee n'ont pas de quoi réjouir les électeurs, surtout les plus pauvres. Avec la flambée des prix des matières premières, l'inflation a renoué avec les taux des années 90 (+3,2% en mars) et les revenus des ménages devraient moins progresser, les impôts devant se maintenir à leur taux actuel.

L'Institut national de la statistique table donc sur une hausse moyenne du pouvoir d'achat de seulement 0,3% pour les six premiers mois de l'année. Une progression qui pourrait être encore inférieure étant donné les nouveaux records du baril de pétrole et la hausse annoncée des tarifs du gaz pour les particuliers.

Autant dire que le sacro-saint pouvoir d'achat, désormais au premier rang des préoccupations des Français devant le chômage, devrait quasiment stagner sur la première moitié de l'année...

Pour certains ménages, il pourrait même régresser. Car le chiffre calculé par l'Insee n'est qu'une moyenne à l'échelle nationale cachant d'importantes disparités selon les revenus et c'est le budget des plus pauvres qui encaisse de plein fouet la hausse de l'énergie et de l'alimentation.

Les produits alimentaires représentent environ 17% des dépenses des 20% de Français les plus modestes, contre moins de 13% pour les 20% les plus aisés. Et la proportion des dépenses de logement, eau et énergie est de 24,7% pour les premiers, tandis qu'elle n'est que de 11,2% pour les seconds.

L'inflation étant principalement alimentée par les cours des marchés internationaux, Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent faire grand chose pour y remédier.

Avec des "caisses vides" et un déficit public encore aggravé par rapport aux prévisions initiales, l'Etat n'a pas non plus les moyens d'augmenter les revenus (fonctionnaires, retraités) ou les allocations. Les récentes polémiques sur la carte "famille nombreuse", les remboursements d'optique ou la baisse des allocations familiales semble plutôt plaider dans le sens inverse.

L'essentiel de la marge de manoeuvre budgétaire a en effet été utilisée avec le "paquet fiscal" voté l'été dernier, avec un coût estimé à 13,8 milliards d'euros par an.

La série de mesures destinées à "doper" le pouvoir d'achat (heures supplémentaires, crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, suppression des droits de succession) soutiendra certainement le revenu de certains ménages.

De même pour le déblocage de la participation, le rachat des RTT et l'indexation des logements sur la seule inflation, votés en début d'année dans la "loi sur le pouvoir d'achat".

Mais les gains devraient rester trop marginaux et ciblés pour empêcher le pouvoir d'achat de s'éroder au moment où la croissance française pâtit de la crise internationale, estiment de nombreux économistes.

Publié le: 23/04/2008 à 16:21:15 GMT Source : AFP
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