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Poutine au sommet de l'Otan pour une rencontre semée d'embûches
Vladimir Poutine au Kremlin le 17 mars 2008 (© AFP/Archives - Vladimir Rodionov)
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MOSCOU (AFP) - Le président russe Vladimir Poutine, invité surprise du sommet de l'Otan, pourrait jouer les trouble-fête, comme il sait si bien le faire, mais aussi opter pour une "réconciliation" avec l'Occident avant son départ du Kremlin.
Les dirigeants des 26 pays de l'Otan se réunissent de mercredi à vendredi à Bucarest et, le dernier jour, M. Poutine fera son apparition pour la première fois à l'occasion d'une réunion spéciale Russie-Otan alors que les différends se sont accumulés ces dernières années.

Le maître du Kremlin, dont ce sera le chant du cygne sur la scène internationale où il s'est à plusieurs reprises démarqué de ses hôtes en créant la surprise, a le pouvoir de gâcher la fête ou au contraire d'en faire une réussite inattendue.

"Il a le choix mais qui sait ce qu'il va faire ?", souligne Viktor Kremeniouk, un analyste de l'Institut USA-Canada, basé à Moscou.

Il pourrait à nouveau taper du poing sur la table sur deux politiques majeures de l'Otan: l'expansion plus avant encore dans l'espace de l'ex-URSS et le soutien à l'indépendance du Kosovo vis-à-vis de la Serbie.

Mais, alors qu'il est l'hôte du sommet annuel de l'alliance militaire pour la première fois depuis la création du Conseil Otan-Russie en 2002 et qu'il doit céder sa place au président élu Dmitri Medvedev, il pourrait bien venir les mains pleines.

L'on s'attend notamment à ce que la Russie permette à l'Otan d'établir une voie terrestre de transport en direction du nord de l'Afghanistan, ce qui lancerait une coopération sans précédent.

D'autres avancées sont possibles lors de discussions avec le président américain George Bush à Bucarest puis immédiatement après à Sotchi, dans le sud de la Russie.

M. Bush, soucieux de redorer son image avant de quitter le pouvoir, s'est même déclaré "optimiste" quant aux possibilités de venir à bout des réticences de Moscou face au projet américain d'installation d'éléments de son bouclier antimissile en Pologne et en république tchèque.

Autre sujet de discorde, le traité de limitation des armes conventionnelles en Europe (FCE), sera également abordé à Sotchi, selon Moscou.

Enfin, le représentant de la Russie auprès de l'Otan a nié vendredi qu'une aide de la Russie aux forces internationales en Afghanistan soit liée à un rejet par l'Otan d'un rapprochement avec l'Ukraine et la Géorgie.

Ces deux ex-républiques soviétiques espèrent au grand dam de Moscou être invitées à l'occasion du sommet de l'Alliance à Bucarest à rejoindre le Plan d'action en vue de l'adhésion, dernière étape avant l'adhésion.

Certains membres de l'Otan, en particulier l'Allemagne, ont clairement dit qu'ils ne souhaitaient pas mécontenter la Russie. D'autres, dont la Pologne et les Etats-Unis, sont moins craintifs à ce sujet et M. Bush se rend à Kiev avant le sommet.

Cette expansion de l'Otan dans son ancienne sphère d'influence, associée au projet de bouclier officiellement orienté contre l'Iran, est perçue pas Moscou comme un encerclement progressif et une trahison de garanties données par l'Occident après la la chute de l'URSS.

"La Russie et l'Otan pourraient s'entendre sur certains points qui les préoccupent conjointement mais d'autres questions restent vraiment difficiles, en particulier l'expansion de l'Otan", a déclaré M. Kremeniouk. "Ces questions ne vont pas tout bonnement disparaître".

Pour Fiodor Loukianov, éditeur en chef de la revue La Russie dans les affaires mondiales, le plus probable résultat de la réunion de Bucarest sera un statu quo poli dans lequel l'Otan refusera à la Géorgie et à l'Ukraine le Plan d'action tandis que la Russie devra se passer de concessions américaines sur le bouclier.

"Aucun des deux côtés ne souhaite actuellement le conflit et je pense qu'ils vont simplement se mettre d'accord pour ne pas être d'accord et dire qu'ils vont continuer à travailler", a déclaré M. Loukianov.

Publié le: 01/04/2008 à 11:44:01 GMT Source : AFP
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