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Portées par l'élection d'Obama, les minorités pressent la France de leur faire plus de place
Des sympathisants français d'Obama célèbrent sa victoire à la mairie du 3e arrondissement de Paris, le 5 novembre 2008 (© AFP - Olivier Laban-Mattei)
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PARIS (AFP) - Fortes de la victoire de Barack Obama, les minorités visibles pressent l'Etat de réinsuffler à "la patrie des droits de l'homme" son énergie originelle en s'ouvrant davantage à la diversité de la société.
"Hier la ségrégation était de mise" et c'était la France "qui apparaissait comme une terre d'espoir pour les Noirs d'Amérique", affirme Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des organisations noires (Cran).

"Aujourd'hui, les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé", estime-t-il, demandant au président Nicolas Sarkozy d'entendre la "revendication urgente d'égalité des Noirs de France". Une délégation devait se rendre mercredi à 16H00 à l'Elysée.

Le succès d'Obama devrait inspirer "les responsables politiques d'autres pays - dont le nôtre - quant à la possibilité de concilier l'honnêteté du discours politique et la capacité à soulever des espoirs fondés sur le vivre-ensemble", estime de son côté Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

Mais nombreux sont ceux qui doutent de la capacité de la classe politique française à emboîter le pas aux Américains.

"Ce qui irrite beaucoup de gens, c'est d'entendre les responsables politiques applaudir Obama quasiment unanimement tout en ne faisant pas grand chose, au fond, pour qu'un Obama français puisse un jour émerger", analyse Pap Ndiaye, historien spécialiste des Etats-Unis à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

La chercheuse Esther Benbassa espère que le succès d'Obama aidera à "faire sauter les verrous" en accordant une juste place en France aux "minorités visibles", comme naguère aux Juifs.

Si l'élection d'un métis à la tête de la première puissance mondiale "peut faire bouger les autres pays, c'est très bien mais j'ai du mal à croire que les mentalités changent aussi vite en France : les politiques ne jouent pas le jeu", déplore Mohamed Mechmache, président du collectif ACLEFEU.

Leila Bouachera, ex-candidate à la présidentielle de 2007 juge "tout simplement impossible" un tel évènement en France, "terre historique des droits de l'homme" où les candidats de la diversité avaient été "réduits au silence". Mais, portée par la victoire d'Obama, elle se sent "forte pour recommencer en 2012".

Seule Noire du gouvernement, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade estime que cette élection doit "sonner la mobilisation" pour plus de diversité en politique "avec des résultats concrets".

"J'attends beaucoup des listes aux élections européennes, c'est le prochain grand rendez-vous", affirme, pour sa part, Fadila Mehal présidente de l'association "les Marianne de la diversité".

"Les élites françaises vont surfer sur la vague", soupçonne Nordine Nabili, rédacteur en chef du Bondyblog, site d'information ouvert en Seine-Saint-Denis après les émeutes de 2005.

Il reconnaît volontiers que l'élection d'Obama "va évidemment susciter de l'espoir" chez les "jeunes des quartiers populaires imbibés de culture afro-américaine" mais "les Etats-Unis ne peuvent rien si les Français ne prennent pas à bras le corps la question des diversités".

"Il faut arrêter de réclamer, il faut agir, prendre sa place", lance Dogad Dogoui fondateur du club Africagora - regroupant "entrepreneurs et cadres des diasporas" - et membre de l'UMP.

"Il faut décoloniser les imaginations, cette décolonisation a eu lieu aux Etats-Unis et nous attendons la décolonisation chez nous", conclut Hélène Faussart, métisse, membre du groupe les Nubians.

Publié le: 05/11/2008 à 12:39:23 GMT Source : AFP
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